Des artistes chez l’habitant 2016 | NOIR C’EST NOIR

17ème édition de « Des artistes chez l’habitant »
titre : Noir c’est Noir
Vielmur Sur Agout
>>>16.09 > 18.09.2016
Vernissage : 16.09.216

Commissaire général : Patrick Tarres, directeur artistique de l’AFIAC
Commissaires invités : Noëlle Tissier, directrice et commissaire des expositions, Centre Régional d’art Contemporain, Sète & William Gourdin, chef de projets / exposition et diffusion en Région, Les Abattoirs / Frac midi-pyrénées

NOIR C’EST NOIR
Il s’agit bien ici du noir; celui de l’humour, du roman, du tableau, de la forêt, des trous, de l’Afrique, du Périgord, de la truffe, du blé, de la panthère, de l’or et de l’argent, de la colère, de la peste, de la magie, de la beauté, du radis, de la nuit, du peuple et des quartiers, du café, du diamant, du mouton, de la boite, de l’œil, de la montagne, de la mer, du thé, de la lumière, de l’écran, du chocolat, de la série, du jeudi ou du vendredi, du baron, du dahlia, du cygne, du boudin, du cadre, du savon, de l’aigle, des blousons, du film, des chemises, des chaussettes, des pieds, du drapeau, de l’ange, du poivre, de la bête, du prince et de la vierge.

Qu’il soit aile de corbeau, brou de noix, cassis, Dorian, ébène, animal, charbon, d’aniline, de carbone, de fumée, de jais, d’encre, d’ivoire, noiraud ou de réglisse, le noir est sexy en dentelle ou en latex, il habille ou déshabille les mannequins sur les podiums de la mode, il advient même que la mariée l’épouse en fin de défilé. Assortie de larmes et de fleurs, la fidèle couleur nous suit jusque dans les allées des cimetières, sobre pour l’occasion, elle n’en confine pas moins à l’élégance. En effet, le noir passe sans encombre du De profundis aux chatoiements du luxe dans toutes ses exubérances, il est chez lui sous les ors de la république où sa version autoritaire prend la forme d’un véhicule officiel ou d’un costume présidentiel, il fait également bon ménage avec l’ecclésiastique, le policier, l’avocat et le juge. Piaf, Barbara ou Gréco, ces grandes prêtresses de la chanson française, en firent un usage exclusif, une signature. Pierre Soulages fait la démonstration de l’existence d’un « outrenoir ». En ce début d’année 2016, Anish Kapoor s’approprie l’ultra noir en achetant les droits d’une matière dévoreuse de lumière, au point d’approcher l’immatérialité. La polémique enfle sur les réseaux sociaux : un artiste peut-il, par la loi, empêcher les autres d’utiliser une couleur ?

Atrabilaire pour les uns, le noir est aimable, gai, voire jubilatoire pour les autres. Il est en somme une antithèse, le lieu de toutes les oppositions.  Les artistes invités à l’occasion de cette 17ème édition de Des artistes chez l’habitant ne sont pas supposés être habités par le « Noir c’est noir » désespéré de la chanson de Johnny Hallyday, ils sont plutôt conviés à explorer la beauté polysémique de cette non-couleur, rebelle, insondable, libertaire, élégante, sombre, luxueuse, digne, gothique, occulte. . .

Patrick Tarres

 

les artistes

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Audrey Martin, Montpellier

À partir d’explorations de zones oubliées ou abandonnées, Audrey Martin fait apparaître des images qu’elle s’applique à deconstruire aussitôt, jusqu’à épuisement ou tarissement de ses pièces. Mais une ambiguïté anime son travail entre violence et douceur, entre vie et mort, entre disparition et apparition. INTRODUCING Anaël Pigeat, ARTPRESS, 409 vers le site de l’artiste

 

Dolls in the Kitchen, Aix-en-Provence

Le collectif Dolls in the Kitchen est né en 2010, de la volonté d’allier art et cuisine. Initiateur et diffuseur d’œuvres originales, créateur d’événements à thèmes, le collectif participe à des événements culturels où il présente scénographies et installations culinaires. Questionnant l’héritage de Daniel Spoerri et du Eat Art à travers une vision contemporaine et esthétique de la nourriture et du repas, il se nourrit de rencontres et de créations dans un laboratoire culinartistique sans cesse en ébullition. vers le site du collectif

 

Éric Duyckaerts, Bordeaux

Le travail d’Éric Duyckaerts articule avec humour les arts plastiques et les savoirs exogènes, tels que les sciences, le droit, la logique mathématique, etc. Il s’est aussi attaché à une exploration des figures de l’analogie et des entrelacs. La vidéo et la conférence-performance lui servent très souvent de médium. Influencé par l’art conceptuel, il interroge régulièrement la représentation du professeur et la notion de pouvoir. Entre rhétorique savante et attitude potache, Duyckaerts a défini sa ligne de conduite : l’irrévérence joyeuse.

 

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Estelle Vernay,Toulouse

Estelle Vernay consacre sa pratique à la vidéo et à l’installation.  En puisant ses références dans la peinture classique, le romantisme mais aussi le grand guignol et les clichés du film d’horreur, elle investit la dynamique de l’image ainsi que les limites du spectacle et la manipulation du spectateur. En jouant avec les mécanismes de création de l’illusion elle nous invite ainsi à questionner notre relation à l’image et à la fiction. vers le site de l’artiste

 

Floryan Varennes Toulon / Paris

Habitées de visions en noir et blanc (…) les œuvres de Floryan Varennes disent sur le mode de la bienséance, une méditation forcenée sur la violence faite au corps de toute éternité. Ici l’apparente banalité des objets est complètement métamorphosée par leur traitement. Il les agrandit, les démultiplie, les étire, leur adjoint perles ou épingles, chaque fois pour leur faire joindre les bords du rêve. La violence douce et implacable du jeu social, des contraintes habituelles à travers lesquelles survivent des rites plus anciens qui transparaissent encore dans ces situations quotidiennes, constitue le véritable sujet de son travail. En lui se rapprochent les pratiques lancinantes des copistes et les sirènes de la mode, le monde des symboles et celui des genres. Jean-Louis Poitevin vers le site de l’artiste

 

Gaëlle Choisne, Paris

Les expérimentations de matières et d’assemblages de Gaëlle Choisne se rapprochent du biomorphisme pour faire naître une fiction archéologique et anthropologique. Les Histoires des pays le moins représentés l’inspirent le plus souvent. La culture des mauvaises herbes s’agrippe et persiste. Les mauvaises herbes témoignent de la présence de la vie dans les environnements inhospitaliers. Nous sommes dans ce curieux mélange hétéroclite de façonnage, moulages ou récupération, remake, réappropriation, nous sommes bootleg et mixage. Métissage et créolisation. Anthropophagie culturelle. vers le site de l’artiste

 

coffres (objets du miroir)Jimmy Richer, Paris

La forme des récits de Jimmy Richer se calque et se stratifie en un corpus à l’instar d’un miroir qui se définirait comme une utopie, consistant en un lieu sans lieu. Ce miroir permet de nous voir là où nous ne sommes pas, un espace irréel qui s’ouvre virtuellement derrière la surface, une sorte d’ombre qui nous donne notre propre visibilité et qui nous permet de nous regarder là où nous sommes absents.

 

_MG_5915Kirill Ukolov, Paris

Trouver l’accident qui fera œuvre ou modifier un contexte d’exposition afin qu’il devienne objet exposé : la pratique de Kirill Ukolov détourne le réel pour y laisser une empreinte d’autant plus forte qu’elle n’est pas toujours perceptible au premier abord. Créant des sculptures ou des installations en usant d’objets a priori banals, Kirill Ukolov réussit à injecter une dose d’inquiétante étrangeté dans notre quotidien, nous permettant de le considérer d’un œil neuf. Comme le dit Robert Filliou : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». Daria de Beauvais vers le site de l’artiste

 

Léa Le Bricomte, Paris

Les œuvres de Léa Le Bricomte opèrent à des croisements de territoires fondamentalement contradictoires. L’opposition guerre-paix y trouve une place majeure en traversant un ensemble d’œuvres où les objets liés au monde guerrier se trouvent affublés d’une autre fonction et par conséquent d’une nouvelle signification. Les munitions aux calibres multiples, les obus de mortier, les fusées éclairantes ou encore les grenades à fusil qui, initialement, avaient une fonction offensive et/ou défensive sont recontextualisés dans un champ ludique, méditatif et altruiste. Le processus de détournement génère une conversion de la mort à la vie. Julie Crenn vers le site de l’artiste

 

RACK, la fabrique des possibles,  FRAC PACA, Marseille 2013Yannick Papailhau, Marseille

Ne répondant à aucune volonté programmatique, les oeuvres de Yannick Papailhau semblent au contraire revendiquer avec force leur dimension résolument empirique. Alliant au plaisir de la construction celui du bricolage, de la mécanique et de la bizarrerie, ses sculptures, autant que ses dessins, ont renoncé à toute forme de fascination technologique. C’est que l’artiste s’intéresse plus au fonctionnement des machines célibataires qu’à l’efficacité de la production mécanique. L’artiste élabore à tâtons une poétique du bancal à la fois drôle et sensible. Guillaume Mansart vers le site de l’artiste

 

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