PASHIAS– AFIAC/Café/Performance VENDREDI 13 MAI 21H à Serviès (81)

SOIRÉE DE CLÔTURE DE LA SAISON 2015/2016 DES AFIAC/Café/Performance

Une performance de PASHIAS, Grèce
& la participation de Bonella Holloway avec FISH SLAPS  (boucle vidéo)

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Photos : Naomi Burlet

Action :

Les spectateurs entrent dans un espace et l’artiste leur tourne le dos. Debout, il observe un ballon de gym perché en haut d’un escalier à l’autre bout de la pièce.
Une fois le public réuni autour de l’artiste, ce dernier se met à marcher lentement en direction de l’escalier sans quitter le ballon des yeux, jusqu’à l’atteindre. Il se saisit alors du ballon à bout de bras, le lève au-dessus du vide et le laisse tomber au centre du public. Lorsque le ballon s’est immobilisé, l’artiste redescend par l’escalier et  le fait rouler à proximité du mur. Il s’assied sur le ballon, face au mur.
Face à lui, sur ledit mur, sont scotchées 9 feuilles A4, en 3 rangées de 3 feuilles. Sa main gauche sur l’estomac et tenant dans sa main droite un marqueur noir sorti de sa poche, l’artiste se penche en arrière sur le ballon puis se relève pour tracer un trait horizontal sur l’une des 9 feuilles.
Il répète ce mouvement à 90 degrés, aux allures d’exercice d’abdominaux, jusqu’à avoir tracé, sur chacune des 9 feuillets, quatre traits horizontaux barrés d’un cinquième à la verticale. Les tracés achevés, sans se relever du ballon, il se déplace jusqu’au mur opposé et recommence « en miroir » le même processus de traçage sur 9 autres feuilles A4.
Puis, toujours assis sur le ballon, il rejoint le centre de la pièce, marque une pause et retire son t-shirt. Il se met debout, passe derrière le ballon, pose un genou à terre et, s’aidant de ses bras et de sa nuque, se relève lentement avec la sphère sur les épaules. Une fois debout, immobilisant le ballon d’un bras, il reprend le marqueur dans sa poche et trace sur sa paroi abdominale le même pattern de 5 traits, avant de reprendre la position bras levés, le ballon derrière la nuque.
Il entame alors une lente rotation dans le sens des aiguilles d’une montre, le regard fixé sur les membres de l’audience. L’inconfort occasionné par cette position transparaît sur son visage au fur et à mesure de ses mouvements.
Une fois achevée une rotation complète sur lui-même, l’artiste approche un spectateur au hasard et, sans dire un mot, lui propose dans un jeu de regards de lui accorder un moment de repos en le délestant du pesant objet. Le ballon confié au spectateur, l’artiste va jusqu’au mur, détache une des feuilles A4 tracées précédemment et vient la scotcher sur le ventre du spectateur. Puis, remettant un genou à terre, toujours en silence, il invite ce dernier à lui remettre le ballon sur les épaules. L’artiste répète ce processus en proposant à chaque fois à un membre du public différent de soulager son effort, et le récompense de la même manière.
Au bout de quelques « cycles », l’artiste, après avoir confié une dernière fois le ballon à un membre de l’audience, se poste immobile parmi cette dernière. Après quelques instants d’inactivité, le public prend spontanément le relais du processus, tandis que l’artiste se cantonne à remettre les « récompenses » aux volontaires. Lorsqu’il ne reste plus qu’une feuille au mur -sur les 18 de départ- il quitte la pièce, permettant de manière implicite aux transmissions de se poursuivre sans son intervention.

Texte PASHIAS, traduction Mathieu Lacaze

Original version
Action : The audience enters a space to face the artist’s back, while he stands still looking up at an inflated gym ball, placed at the top of a staircase on the opposite side of the gallery. Once the audience has gathered around the artist, he slowly walks towards the staircase without removing his gaze from the ball. Grabbing the ball with both arms extended over the staircase, he drops the ball onto the floor amongst audience members. Allowing for the ball to stop moving, he descends the staircase and makes his way towards it. He moves the ball near the wall, sitting on top of it with bend knees. Attached to the wall with strips of white tape, there are 9 pieces of horizontally placed A4 paper, in rows of 3. The artist leans backwards, placing his left hand onto his stomach and holding a black marker with his right hand, removed from his pocket. He then rises up to draw a black line on the central piece of paper, and leans back horizontally. This 90-degrees movement is repeated until he draws 4 horizontal lines and a final vertical one at their middle, on all 9 pieces of paper, following an escalating rhythm of repetition. Once all pieces of paper have been marked, he crawls towards the opposite wall without detaching himself from the ball, in order to repeat the same process on a mirrored set of paper. He then moves the ball at center of the space and, whilst sitting on it, he takes off his shirt. By moving behind the ball, the artist kneels on the floor, places the back of his neck onto it and slowly ascends by attaching both arms on the ball. Whilst still holding the ball with one arm, he uses the black marker to draw the same diagram of 4 horizontal lines and a vertical one, onto his bare abdominal area. Remaining in this position with both arms raised, he carries the ball and engages in direct eye contact with each member of the audience, whilst slowly turning clockwise on the same position and the discomfort of holding the ball upwards becomes more evident. Once he completes the circle, the artist approaches a member of the audience and offers him to hold the ball, allowing himself a moment of relief. He removes a piece of paper from the ball and attaches it at the abdominal area of the audience member. The artist kneels in order for the ball to be placed again on his shoulders, and repeats this process of ‘awarding’ audience members that share his carrying weight. At the end of this activity, he places the ball into the hands of an audience member and then stands amongst the public, showing no sign of action. After a brief period of inactivity, the audience is encouraged to either take or give the ball to each other, whilst the artist has the sole role of ‘awarding’ the paper pieces. Once this flow of action is established, the artist leaves behind the last paper piece on the wall and exits the space, allowing for the process to continue without his presence.

 
 
 
Dans sa nouvelle série de travaux intitulés « training for performance », PASHIAS, artiste visuel et performeur, essaie d’établir une connexion active entre l’art de la performance et le champ de l’athlétisme en utilisant le positionnement du corps humain comme vecteur d’énergie, de compétence, de qualité et potentialité esthétique et ce de la même façon que dans l’activité sportive. Par le biais d’un examen de ce que signifie « rivaliser » et « atteindre » un but spécifique, le corps entre en contact avec une autre entité ou avec les paramètres de son propre moi, tout comme l’artiste atteint une audience par l’incarnation de sa propre présence.

En s’appuyant sur des références allant de l’Antiquité à notre présent socioculturel et contextuel, PASHIAS crée un sport interdisciplinaire où le corps « en action » est présenté comme un organe politique qui confirme, teste et perturbe le fonctionnement d’un ensemble social.

PASHIAS a présenté des expositions solo à Chypre et en Grèce tout en participant à des expositions de groupe et des festivals internationaux, Russie, Norvège, Finlande, Estonie, Suède, Bulgarie et Turquie. Plus spécifiquement, il a collaboré avec des organismes culturels tels que Marina Abramovic Institute, l’Estonie Contemprary Art  Museum, l’Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon, la Biennale méditerranéenne d’art contemporain et le Festival International d’Art de Toulouse. PASHIAS a cofondé en 2013 l’epitelesis – représentation Art Foundation, une plate-forme internationale pour le soutien des activités culturelles, il a été curateur dans des expositions et des événements sur la relation entre le réel et les pratiques artistiques et a travaillé en tant qu’enseignant /conférencier pour divers programmes universitaires.