AFIAC/Café/Performance | Joséphine Lunal

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 Joséphine Lunal est née en 1992 à Nîmes. Actuellement en cinquième année des Beaux-Arts de Toulouse, son médium principal est la performance. L’élément central et récurrent de son travail est le lien. Le lien entre signifiant et signifié, le lien que la polysémie et l’étymologie créent, les liens symboliques et mythologiques. La psychanalyse influence son travail en tant qu’opération visant à tisser un récit, créer des liens par le langage. En effet, le langage est son outil de prédilection. Mais les liens interpersonnels ont aussi leur place puisque l’ensemble de son travail est un fil tendu entre Éros et Thanatos. En filigrane, peut apparaître une réflexion sur l’artiste en tant que médium (médium entre son travail et son publique ou médium en tant que matériau).

+ d’infos : Joséphine Lunal

AFIAC/Café/Perfomance | Rémi Uchéda

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Remi Uchéda est-il plutôt un sculpteur qui fait des performances ou comme le dit Claire Le Restif l’expérience de la performance nourrit-elle son travail plastique ? C’est le corps dans l’espace, le rapport à l’autre, le déplacement et le mouvement qui lui sont nécessaires. L’artiste explore la relation en se posant la question du maintien, de l’équilibre et de la tenue, du déplacement et de l’adhérence (comme on peut adhérer à quelque chose, participer ou échanger) ou bien celle de l’énergie (fils conducteurs), et ce dans des modes d’expressions plastiques qui vont de la sculpture à la photographie, de l’installation à la danse ou à la performance.

Pierre-Laurent Cassière | Attractions | 2016-17

Pierre-Laurent Cassière

Artiste en résidence au CHIC Castres Mazamet dans le cadre du dispositif Culture & Santé
un partenariat DRAC/ARS

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 + d’infos sur Pierre-Laurent Cassière

« La formule la plus contraire à la raison, celle qui se moque le plus ouvertement des lois de la
pesanteur, est celle qui a le plus de chance de marcher auprès du public de Coney Island » Lindsay Denison, « The Biggest Playground in the world », Mundsey’s Magazine, août 1905, cité par Rem Koolhaas in New York Délire, 1978

Dans le cadre de cette résidence de création, L’Hôpital du Pays d’Autan s’est transformé en un terrain de jeux, d’expérimentations et de réflexions plastiques, d’où les réalisations ont émergé au fur et à mesure, sans projet préétabli. Loin des institutions muséales ou culturelles, ce contexte spécifique de travail avait toutefois été envisagé dès le début en relation au concept d’hétérotopie développé par Michel Foucault. Le statut particulier de l’hôpital comme un lieu autonome, détaché du reste de la cité allait me permettre de travailler à différentes tentatives perceptives, photographiques, sonores et vidéographiques, à partir des spécificités du bâtiment. Des domaines de recherche comme l’histoire des sciences et des techniques, l’urbanisme ou la sociologie se sont mêlés à des questionnements relatifs au lieu, tant sur les fonctionnalités de l’architecture, la place des corps, la perception des espaces ou les activités et flux invisibles. En variant les points de vue, des images évoquant les univers dystopiques de la science-fiction émergeaient peu à peu. Leur ancrage dans la réalité de l’architecture les ramenait pourtant à un rapport physique, dynamique, où affleurait quelque chose de l’ordre du divertissement. La relation aux premiers parcs à thèmes — notamment Luna Park inauguré sur Coney Island, à New York, en 1903, et son voisin Dreamland ouvert l’année suivante — devenait plus claire et jouait comme un paradoxe ludique et ironique dans le contexte de l’hôpital. Le travail de création devait ainsi se placer quelque part entre la rigueur de la science, les urgences, la réalité du risque, et la fiction sensationnelle de ce même risque, volontairement provoquée dans l’univers léger, futile, dans « l’utopie dégénérée »(1) du parc de loisirs.
Le parc forain et l’hôpital … Ces lieux que tout semble opposer ont toutefois en commun une activité basée sur le travail des corps ; Omniprésents ici, où on les soigne, les opère, les guérit, et là, où on les remue, les retourne, les fatigue. Ces organismes devaient pourtant disparaître des images et des sons produits, comme pour les abstraire, comme pour laisser le visiteur se projeter mentalement, seul, dans l’inquiétante étrangeté de ces espaces autres. Loin du documentaire ou du témoignage, Attractions propose ainsi quelques travaux plastiques contextuels, réalisés in situ et jouant dans ces interstices séparant la science et la fiction, la fonction et la forme, le lieu et sa perception, la réalité et ses possibles.

Pierre-Laurent Cassière

(1)Louis Marin, Utopiques : Jeux d’Espace, 1973

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vidéo HD noir et blanc, son stéréo, 20 min, 2017.
Captures d’écran

Photos ©ADAGP/Cassière

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Hétérotopie (#1)

Photographie noir et blanc, encre pigmentaire sur papier, 50 x 70 cm, 2017

photo © ADAGP/Cassière

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Hétérotopie (#3)

Photographie noir et blanc, encre pigmentaire sur papier, 50 x 70 cm, 2017

photo © ADAGP/Cassière

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AFIAC/Café/Performance | Manon Harrois

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L’oeuvre de Manon Harrois n’existe pas. Ou n’existe qu’en circulation, d’une pratique l’autre, d’un pays l’autre, ici, là, jamais achevée, moment au cours d’un voyage pendant lequel l’oeuvre naît, se développe, se transforme, erre, se dilapide, meurt peut-être, renait, avance, change encore. La jeune artiste se comporte un peu comme Dieter Roth qui vivait dans ses expositions, les modifiait sans cesse.
Est-ce un hasard si l’expression la plus juste et la plus originale de Manon Harrois, transite par de minces carnets en un seul exemplaire, qui ressemblent à des dessins de chorégraphes, envoyés comme des cadeaux ? Carnets qui naissent lors de performance réalisées moins pour le spectacle qu’elles donnent, avec des corps, des oeufs, des tricots faits et défaits, des chevelures tressées, que pour aboutir à ce carnet.
Depuis Mallarmé nous savons que « le monde est fait pour aboutir à un beau livre ». Mais est-ce-là le propos de Manon Harrois pour qui la performance est une ébauche au dessin, qui circule beaucoup sur la terre radieuse, va au Niger, à New York, apprend la bijouterie chez les touaregs, le tissage avec des peuls, qui, avant de partir pour le Chili peut parler pendant des heures des éléphants de mer. Elle parle d’ailleurs beaucoup, Manon Harrois. Emportée par un verbe visionnaire et une sorte de grâce – artiste là aussi, là encore, artiste dans ses moindres gestes et paroles – , elle dit l’oeuvre, la rêve, la crée, comme dans ses performances, comme dans ses dessins aux outremers profonds qui viennent du pays des « hommes bleus ». Jamais vraiment finie, l’oeuvre mouvante de cette artiste jamais en repos, se donne à voir dans le flux sans fin du vivant, dans le flux sans fin d’un « work in progress » saisissant.
Michel Nuridsany

AFIAC/Café/Performance | Bonella Holloway

cafebonny-copie1Juin 2007, une mère de trois filles, veuve de peu et souffrante du cancer de la bouche ne veut pas manger son poisson. Septembre 2002, un végétarien trouve un morceau d’os dans sa purée, en finissant l’assiette de sa benjamine. Automne 1983, un homme mange un bonbon à la menthe de plus dans un restaurant, et n’aurait peut être pas dû.
« Eat the fish », une conférence où il est question de bactéries, de nos dents et de nos explosions.

DRAGON FACTORY, St-Sulpice (81) | Culture-Justice 2016

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Une sculpture de métal exposée dans le Parc Georges Spénale, Saint-Sulpice (81)

Suites d’un atelier artistique mené en milieu pénitentiaire
Artiste intervenant Jean-Luc Favero, avec la participation de Claire-Noëlle Mouy

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Exposition dans l’espace public jusqu’au 17 décembre 2016
Le vernissage en présence de l’artiste s’est tenu le jeudi 10 novembre à 18h30, dans le Parc Georges Spénale.

Des suites d’un atelier conduit au mois d’août par Jean-Luc Favero auprès d’un groupe d’adultes accueillis au Centre de détention de Saint-Sulpice-la-Pointe, surgit un jour, dans la cour principale de l’établissement, un dragon fait de grillage et de lumière.

« Dragon Factory » a bénéficié du soutien du ministère de la Culture et de la Communication et de celui de la Justice dans le cadre du dispositif Culture-Justice.

Partenariat : DRAC Occitanie, Direction interrégionale des Services pénitentaires Toulouse, SPIP du Tarn, Centre de détention de Saint-Sulpice, Commune de Saint-Sulpice, AFIAC

Marie Sirgue à l’école de Saint-Paul-Cap-de-Joux | Ficelle de cheval | 2016

FICELLE DE CHEVAL, une exposition proposée par Marie Sirgue
artiste accueillie en résidence de création à l’école primaire Odette et Gaston Vedel, Saint-Paul-Cap-de-Joux (81)

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Résidence à l’école : Septembre-Octobre 2016
Exposition : du 3 novembre 2016 au 3 février 2017
avec les oeuvres de l’artiste créées en résidence et les pièces prêtées par Les Abattoirs-FRAC Midi-Pyrénées dans le cadre du dispositif Un établissement, une oeuvre : Articulation gothique n°1 Daniel Dezeuze, Cheval d’arçon 2007 Sophie Dubosc, Red Rings 2008, Table 2008, Rings 2008, Brown Enclosure 2008, Grey Sheet 2008 Louise Hopkins
Vernissage
: Jeudi 3 novembre à 18h – Ecole primaire Odette et Gaston Vedel . Saint-Paul-Cap-de-Joux (81)

– Avec la participation des enfants de l’Ecole primaire Odette et Gaston Vedel et leurs enseignants –

Visite des classes de cycles 2 et 3 des écoles du Réseau rural Val d’Agout

Partenariat : Mairie de Saint-Paul-Cap-de-Joux, Ecole primaire Odette et Gaston Vedel, Les Abattoirs-FRAC Midi-Pyrénées dans le cadre du dispositif Un établissement, une oeuvre, AFIAC

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Rouleaux de liège peints, collés et tournés, 6 rondins de bois, banc
Production : AFIAC, École de Saint-Paul-Cap-De-Joux

Abaque3© Marie Sirgue

 

 

Atelier artistique au Lycée Lapérouse, Albi | 2016 Projet d’Avenir

« Derrière les clichés » | exposition de photographies
Restitution d’un atelier artistique conduit au Lycée Lapérouse par les artistes Arno Brignon et Gaël Bonnefon

vernissage : 13.10.16 à 18h
exposition du 14 octobre 2016 au 25 novembre 2016
exposition ouverte au public du lundi au vendredi de 17h à 18h30 (sauf vacances scolaires et jours fériés)

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A compter du 13 octobre, le Foyer des élèves du Lycée Lapérouse à Albi, accueillera sa première exposition photographique réalisée par les élèves, DERRIÈRE LES CLICHÉS.
Arno Brignon et Gaël Bonnefon, deux artistes toulousains, ont guidé les lycéens pendant 3 mois, de mars à mai 2016, dans leur appréhension sensible de la photographie et de deux de ses techniques bien éloignées et pourtant très complémentaires, le sténopé et le numérique. DERRIÈRE LES CLICHÉS révélera, au travers de portraits et de vues des bâtiments du lycée et de la vie qui s’y déroule, la multiplicité des regards des jeunes lycéens sur leur cadre de vie quotidien.

L’aventure prend son envol en début d’année scolaire 2015-2016, de la volonté des élèves du Lycée Lapérouse, étroitement associée au désir de doter leur établissement d’un espace d’exposition permanent, d’insuffler une culture de la pratique artistique à l’école. Nommé alors « De l’art dans nos Murs », le projet est mis en oeuvre au cours de l’Hiver et du Printemps 2016. Il bénéficie de l’accompagnement artistique et technique de l’association AFIAC, de l’aide de la Maison des Lycéens, et de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée (Projets d’Avenir), et du soutien actif de l’équipe de direction de l’établissement et d’une de ses enseignantes, Isabelle Girettes.

En fin d’année scolaire, un espace de monstration artistique permanent naît de ce processus dans les murs du Foyer des élèves, lieu de rendez-vous quotidien des jeunes adolescents, situé au coeur du plus ancien établissement d’enseignement secondaire de la ville et du département du Tarn. On continue à y jouer au babyfoot tout en buvant un café ; mais on pourra aussi y apprécier dorénavant, accrochées aux murs selon des modalités professionnelles, des productions artistiques des élèves de l’établissement.

 

le foyer des élèves accueille sa première exposition de travaux d’élèves

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des artistes chez l’habitant 2016 | NOIR C’EST NOIR

17ème édition de « des artistes chez l’habitant »
Titre : Noir c’est Noir
Lieu : Vielmur Sur Agout
Période : 16.09 > 18.09.2016
Vernissage : 16.09.216

Commissaire général : Patrick Tarres, directeur artistique de l’AFIAC
Commissaires invités : Noëlle Tissier, directrice et commissaire des expositions, Centre Régional d’art Contemporain, Sète & William Gourdin, chef de projets / exposition et diffusion en Région, Les Abattoirs / Frac midi-pyrénées

NOIR C’EST NOIR
Il s’agit bien ici du noir; celui de l’humour, du roman, du tableau, de la forêt, des trous, de l’Afrique, du Périgord, de la truffe, du blé, de la panthère, de l’or et de l’argent, de la colère, de la peste, de la magie, de la beauté, du radis, de la nuit, du peuple et des quartiers, du café, du diamant, du mouton, de la boite, de l’œil, de la montagne, de la mer, du thé, de la lumière, de l’écran, du chocolat, de la série, du jeudi ou du vendredi, du baron, du dahlia, du cygne, du boudin, du cadre, du savon, de l’aigle, des blousons, du film, des chemises, des chaussettes, des pieds, du drapeau, de l’ange, du poivre, de la bête, du prince et de la vierge.

Qu’il soit aile de corbeau, brou de noix, cassis, Dorian, ébène, animal, charbon, d’aniline, de carbone, de fumée, de jais, d’encre, d’ivoire, noiraud ou de réglisse, le noir est sexy en dentelle ou en latex, il habille ou déshabille les mannequins sur les podiums de la mode, il advient même que la mariée l’épouse en fin de défilé. Assortie de larmes et de fleurs, la fidèle couleur nous suit jusque dans les allées des cimetières, sobre pour l’occasion, elle n’en confine pas moins à l’élégance. En effet, le noir passe sans encombre du De profundis aux chatoiements du luxe dans toutes ses exubérances, il est chez lui sous les ors de la république où sa version autoritaire prend la forme d’un véhicule officiel ou d’un costume présidentiel, il fait également bon ménage avec l’ecclésiastique, le policier, l’avocat et le juge. Piaf, Barbara ou Gréco, ces grandes prêtresses de la chanson française, en firent un usage exclusif, une signature. Pierre Soulages fait la démonstration de l’existence d’un « outrenoir ». En ce début d’année 2016, Anish Kapoor s’approprie l’ultra noir en achetant les droits d’une matière dévoreuse de lumière, au point d’approcher l’immatérialité. La polémique enfle sur les réseaux sociaux : un artiste peut-il, par la loi, empêcher les autres d’utiliser une couleur ?

Atrabilaire pour les uns, le noir est aimable, gai, voire jubilatoire pour les autres. Il est en somme une antithèse, le lieu de toutes les oppositions.  Les artistes invités à l’occasion de cette 17ème édition de Des artistes chez l’habitant ne sont pas supposés être habités par le « Noir c’est noir » désespéré de la chanson de Johnny Hallyday, ils sont plutôt conviés à explorer la beauté polysémique de cette non-couleur, rebelle, insondable, libertaire, élégante, sombre, luxueuse, digne, gothique, occulte. . .

Patrick Tarres

 

les artistes de NOIR C’EST NOIR

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Audrey Martin, Montpellier

À partir d’explorations de zones oubliées ou abandonnées, Audrey Martin fait apparaître des images qu’elle s’applique à deconstruire aussitôt, jusqu’à épuisement ou tarissement de ses pièces. Mais une ambiguïté anime son travail entre violence et douceur, entre vie et mort, entre disparition et apparition. INTRODUCING Anaël Pigeat, ARTPRESS, 409 vers le site de l’artiste

 

Dolls in the Kitchen, Aix-en-Provence

Le collectif Dolls in the Kitchen est né en 2010, de la volonté d’allier art et cuisine. Initiateur et diffuseur d’œuvres originales, créateur d’événements à thèmes, le collectif participe à des événements culturels où il présente scénographies et installations culinaires. Questionnant l’héritage de Daniel Spoerri et du Eat Art à travers une vision contemporaine et esthétique de la nourriture et du repas, il se nourrit de rencontres et de créations dans un laboratoire culinartistique sans cesse en ébullition. vers le site du collectif

 

Éric Duyckaerts, Bordeaux

Le travail d’Éric Duyckaerts articule avec humour les arts plastiques et les savoirs exogènes, tels que les sciences, le droit, la logique mathématique, etc. Il s’est aussi attaché à une exploration des figures de l’analogie et des entrelacs. La vidéo et la conférence-performance lui servent très souvent de médium. Influencé par l’art conceptuel, il interroge régulièrement la représentation du professeur et la notion de pouvoir. Entre rhétorique savante et attitude potache, Duyckaerts a défini sa ligne de conduite : l’irrévérence joyeuse.

 

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Estelle Vernay,Toulouse

Estelle Vernay consacre sa pratique à la vidéo et à l’installation.  En puisant ses références dans la peinture classique, le romantisme mais aussi le grand guignol et les clichés du film d’horreur, elle investit la dynamique de l’image ainsi que les limites du spectacle et la manipulation du spectateur. En jouant avec les mécanismes de création de l’illusion elle nous invite ainsi à questionner notre relation à l’image et à la fiction. vers le site de l’artiste

 

Floryan Varennes Toulon / Paris

Habitées de visions en noir et blanc (…) les œuvres de Floryan Varennes disent sur le mode de la bienséance, une méditation forcenée sur la violence faite au corps de toute éternité. Ici l’apparente banalité des objets est complètement métamorphosée par leur traitement. Il les agrandit, les démultiplie, les étire, leur adjoint perles ou épingles, chaque fois pour leur faire joindre les bords du rêve. La violence douce et implacable du jeu social, des contraintes habituelles à travers lesquelles survivent des rites plus anciens qui transparaissent encore dans ces situations quotidiennes, constitue le véritable sujet de son travail. En lui se rapprochent les pratiques lancinantes des copistes et les sirènes de la mode, le monde des symboles et celui des genres. Jean-Louis Poitevin vers le site de l’artiste

 

Gaëlle Choisne, Paris

Les expérimentations de matières et d’assemblages de Gaëlle Choisne se rapprochent du biomorphisme pour faire naître une fiction archéologique et anthropologique. Les Histoires des pays le moins représentés l’inspirent le plus souvent. La culture des mauvaises herbes s’agrippe et persiste. Les mauvaises herbes témoignent de la présence de la vie dans les environnements inhospitaliers. Nous sommes dans ce curieux mélange hétéroclite de façonnage, moulages ou récupération, remake, réappropriation, nous sommes bootleg et mixage. Métissage et créolisation. Anthropophagie culturelle. vers le site de l’artiste

 

coffres (objets du miroir)Jimmy Richer, Paris

La forme des récits de Jimmy Richer se calque et se stratifie en un corpus à l’instar d’un miroir qui se définirait comme une utopie, consistant en un lieu sans lieu. Ce miroir permet de nous voir là où nous ne sommes pas, un espace irréel qui s’ouvre virtuellement derrière la surface, une sorte d’ombre qui nous donne notre propre visibilité et qui nous permet de nous regarder là où nous sommes absents.

 

_MG_5915Kirill Ukolov, Paris

Trouver l’accident qui fera œuvre ou modifier un contexte d’exposition afin qu’il devienne objet exposé : la pratique de Kirill Ukolov détourne le réel pour y laisser une empreinte d’autant plus forte qu’elle n’est pas toujours perceptible au premier abord. Créant des sculptures ou des installations en usant d’objets a priori banals, Kirill Ukolov réussit à injecter une dose d’inquiétante étrangeté dans notre quotidien, nous permettant de le considérer d’un œil neuf. Comme le dit Robert Filliou : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». Daria de Beauvais vers le site de l’artiste

 

Léa Le Bricomte, Paris

Les œuvres de Léa Le Bricomte opèrent à des croisements de territoires fondamentalement contradictoires. L’opposition guerre-paix y trouve une place majeure en traversant un ensemble d’œuvres où les objets liés au monde guerrier se trouvent affublés d’une autre fonction et par conséquent d’une nouvelle signification. Les munitions aux calibres multiples, les obus de mortier, les fusées éclairantes ou encore les grenades à fusil qui, initialement, avaient une fonction offensive et/ou défensive sont recontextualisés dans un champ ludique, méditatif et altruiste. Le processus de détournement génère une conversion de la mort à la vie. Julie Crenn vers le site de l’artiste

 

RACK, la fabrique des possibles, FRAC PACA, Marseille 2013Yannick Papailhau, Marseille

Ne répondant à aucune volonté programmatique, les oeuvres de Yannick Papailhau semblent au contraire revendiquer avec force leur dimension résolument empirique. Alliant au plaisir de la construction celui du bricolage, de la mécanique et de la bizarrerie, ses sculptures, autant que ses dessins, ont renoncé à toute forme de fascination technologique. C’est que l’artiste s’intéresse plus au fonctionnement des machines célibataires qu’à l’efficacité de la production mécanique. L’artiste élabore à tâtons une poétique du bancal à la fois drôle et sensible. Guillaume Mansart vers le site de l’artiste

 

les habitants de NOIR C’EST NOIR

 

le programme de NOIR C’EST NOIR

VEN 16 SEPT

18h Place de l’Esplanade
Vernissage : conception du buffet
DOLLS IN THE KITCHEN

20h30 Ouverture de l’exposition
Visite nocturne

SAM 17 SEPT

10h – 19h Ouverture de l’ exposition

20h Place de l’Esplanade
Repas thématique NOIR c’est NOIR conçu par François Delmas avec l’équipe de Côte à Côte à Cahuzac.

22h Place de l’Esplanade – Concert
MESSY MESS ORCHESTRA (gratuit)

23h Place de l’Esplanade
After à l’ Angel’s bar

DIM 18 SEPT

10h – 19h Ouverture de l’exposition

19h  Place de l’Esplanade
concert Les D’Kalsons Noirs (gratuit)

VEN 17h-20h – SAM 15h-21h – DIM 15h-18h

Place de l’Esplanade
Présence du stand librairie du Café Plùm : sélection de livres autour de la thématique NOIR c’est NOIR

 

 

Paul de Sorbier | Insect-Like / Like-Insects

AFIAC-Like / Like AFIAC

Quelle joie ! En 2014, il revint à la Maison Salvan d’être sollicitée par l’AFIAC. Tout programmateur, aux prises avec son propre environnement, ne peut que rêvasser au sujet d’un tel contexte de travail : un véritable conte de fée du milieu de l’art contemporain midi pyrénéen… Il était une fois dans le Tarn, dans un village de 850 âmes, des personnes aux rapports très variés à l’art contemporain qui accueillent, dans leur intimité, des artistes en résidence puis le public le temps d’un week-end. + si affinité… des artistes chez l’habitant… Ces intitulés disent si bien la nature du festival.

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Souvent, l’exemplarité d’un projet ne fabrique pas le modèle permettant de l’expliquer, a fortiori de le dupliquer. Les dynamiques ne sont pas reproductibles car elles ne sont pas linéaires. Qui peut décrire aujourd’hui les raisons faisant que le festival est si bien implanté, qu’il peut même se risquer à changer de date en 2015, à être mobile une année sur deux, à oser des thématiques qui feraient frémir toutes structures à l’urbanité certaine… La beauté de l’AFIAC repose dans ce mystère que seul connaît in extenso Patrick Tarres et, certainement, quelques habitants du village de Fiac. Sa beauté repose aussi dans sa généreuse ouverture : chaque année, des commissaires invités viennent y apporter un peu d’air de chez eux.
« L’utopie est un ailleurs à réaliser présentement et non pas un futur à venir » écrivit Thierry Paquot. Peut-être faut-il introduire un peu d’aventure fiacoise dans le quotidien que l’on retrouve au retour de Fiac. Pour la Maison Salvan, il reste un souvenir global et tenace : avoir participé à un morceau de vie total dans lequel s’affairaient des artistes, des habitants, des bénévoles, du public…
C’est d’ailleurs sur ce point précis que peut se comprendre la façon dont a été appréhendée la thématique. La notion « d’écosystème autre » a constitué le coeur de la réponse. Elle permettait à la fois de penser le festival pour ce qu’il est et de réagir à la question des insectes. Ce qui est fascinant avec ces bestioles à trois paires de pattes, c’est tout ce que nous ne voyons pas d’elles, c’est tout ce que nous ne savons pas non plus, avec leur incroyable capacité d’adaptation au froid, au chaud, aux milieux doux ou salins… Partout autour de soi, sous la moindre pierre, le vulgaire morceau d’écorce, une multitude de « sociétés » fantômes participent au grand tout de la planète. Au fond, il s’agissait d’aborder la thématique des insectes, peut-être un peu « bêtement », comme une métaphore du festival : AFIAC-like / Like AFIAC. Ce festival est une portion du monde de l’art bien connu et indispensable au fonctionnement de l’écosystème artistique global, et ce en ayant fabriqué ses propres règles esthétiques et sociales, ses propres règles adaptatives en quelque sorte.
Ainsi, c’est à la manière d’un scientifique, qui aime regarder à la loupe, que trois expériences ont été finalement proposées, à la fois artistiques mais aussi humaines. Deux artistes et un collectif ont été conviés dans l’aventure. Leurs démarches esthétiques n’avaient a priori rien à voir avec le thème d’Insect-like / Like insects. En revanche, ils semblaient pleinement à même de rencontrer les caractéristiques du festival fiacois décentralisé à Lautrec, en puisant pleinement dans ses promesses. Jean-Paul Labro et Lyn Nekorimaté sont friands des contextes moteurs. Ils montrent un talent toujours renouvelé pour aviver les ressources locales, mobiliser les collaborations et finalement intégrer pleinement la communauté qui les reçoit. Chez Linda Sanchez, l’avancement des projets s’opère par rebonds empiriques. Il était pour le coup stimulant de lui offrir un contexte et, peut-être, de biaiser presque malgré elle un moment de l’avancement de sa recherche. Enfin Benedetto Bufalino aime proposer des déplacements formels ou sémantiques dans les lieux où ils s’implantent.
En quelque sorte, il colonise artistiquement les espaces et fait basculer leur fonctionnement. Dorénavant, il reste à patienter que vienne à nouveau le tour de la Maison Salvan. Heureusement, l’AFIAC est une tout aussi riche expérience de regardeur, « d’usager » de l’art et de la vie entremêlés…

Paul de Sorbier


Commissariat

Commissaire général : Patrick Tarres
Commissaires invités : William Gourdin assistant de direction Frac Midi-Pyrénées, chef de projet d’exposition et de diffusion en Région, et Paul de Sorbier directeur de la Maison Salvan à Labège.

Les artistes à Lautrec

insect-like-content002Julien Salaud, Pierre-Laurent Cassière, Nicolas Fenouillat, Denise Bresciani, Agnès Rosse, Suzy Lelièvre, Le collectif IPN, Collectif Ding, Benedetto Bufalino, Linda Sanchez.