C’est peut-être cela AilAilAil : des ingrédients en 3 fois : mettre beaucoup d’ail et de poésie dans les marmites, penser la littérature comme un art populaire qui se partage, et la cuisine comme une création intime. C’est la culture qui mijote : la langue pour gouter, le langage pour raconter. (Introduction dans l’émission La Midinale en janvier 2026, sur Radio Campus)
AilAilAil est un projet associatif protéiforme, une maison d’édition indépendante, un collectif de cuisine, une histoire d’amitié. Elle naît en 2025 de quelques rêves autour d’une table et de bric à brac, s’affaire à récolter des histoires en forme de plats, organiser des évènements et fabriquer des livres pour faire goûter la poésie de la cuisine.
Dans le cadre de leur résidence, Kat Bourreau et Louca Francisco proposent aux habitant·es de Fiac et alentours de les inviter à manger chez eux pour partager leurs gestes et recettes de cuisine : celles qui émeuvent, rappellent des histoires, font penser à quelqu’un de cher… Les artistes iront ainsi à la rencontre des habitant·es et pourront récolter des images et des sons pour nourrir le projet artistique qu’ils développeront à Fiac. Kat et Louca seront présents une semaine par mois jusqu’en juillet.
Restitution de la résidence le dimanche 12 juillet 2026 à 11:00 au Café Le Piaf, 6 place du four, 81500 Fiac
L’ AFIAC lance un appel à candidature pour 2 résidences de création à Fiac durant l’année 2027.
Depuis 1999, l’AFIAC développe un projet artistique ancré dans un territoire rural, en lien avec ses paysages, ses usages et ses habitant·es. Depuis 2025, elle concentre son action sur l’accueil de résidences d’artistes donnant lieu à un temps de restitution organisé en partenariat avec le café associatif Le Piaf, au cœur du village.
## La résidence
Cette résidence s’adresse à des artistes ou collectif d’artistes résidant en région Occitanie engagé·es dans des démarches qui : — développent une présence sur le territoire — entrent en dialogue avec les habitants — travaillent à partir d’un contexte local
La résidence s’inscrit dans une dynamique développée avec le café associatif Le Piaf, situé au pied du lieu de résidence. Lieu de convivialité, de rencontres et d’expérimentations collectives, Le Piaf constitue un espace vivant de circulation entre habitants, artistes, repas, discussions, performances et formes de partage informelles. Sans caractère obligatoire, l’AFIAC sera particulièrement attentive aux pratiques pouvant entrer en résonance avec ces dimensions relationnelles : pratiques culinaires, repas comme espace de création ou de transmission, performance ou expériences sensibles liées au vivre-ensemble.
Les artistes restent libres de la forme et de l’orientation de leur recherche.
## Conditions d’accueil
Les artistes sélectionné·es bénéficieront : — d’un temps de résidence à Fiac de 3 semaines — d’un hébergement de 55 m² comprenant 2 chambres — d’un atelier en sous-sol (mise à disposition d’un outillage électroportatif de base) — d’un accompagnement artistique et technique — d’une bourse de résidence : 1000€ par artiste — d’une aide à la production : 500€ par projet — d’une prise en charge des frais de déplacement (plafond de 200€ maximum – véhicule fortement conseillé, Fiac étant isolé et peu accessible aux transports en commun)
## Calendrier — Date limite de candidature : 31 juillet 2026 inclus — Réunion du jury : septembre — Annonce des résultats : fin octobre — Période de résidence : entre mars et novembre 2027 (à définir avec la structure)
## Candidature
Les candidat·es devront transmettre en un seul PDF (10 pages maximum, dans la limite de 20 Mo) : — un portfolio et un CV renommé comme suit : «Nom_Prenom_portfolio» À envoyer à : candidatures@afiac.org Objet du mail : «Nom_Prenom_résidence_2027» NB : Merci de ne pas utiliser de service de transfert de fichiers (WeTransfer, Smash, TransferNow, SwissTransfer, etc.).
## Sélection
Les candidatures seront examinées par un jury composé de professionnel·les de l’art contemporain, d’habitant·es du territoire et de représentant·es de l’AFIAC.
Résidence de création du 13 avril au 4 mai 2026 à Fiac.
Léa Lebrun travaille entre le Tarn (81) et le Doubs (25). Dans ses vidéos, installations et performances, elle s’efforce à faire lien, à créer des espaces dans lesquels les confidences et les idées circulent. Elle prête son oreille à l’autre et aux histoires souterraines des territoires où elle est amenée à travailler. Une fois immergée, elle observe, interprète, enregistre, modélise, filme, cuisine, détourne, allant parfois jusqu’à tordre le propos initial, toujours sensible ou politique.
Dans le cadre de sa résidence, Léa poursuit ses recherches sur le vivre ensemble dans une société toujours plus encline à l’individualisme. Elle l’aborde cette fois sous l’angle de l’appauvrissement de la diversité microbienne, et se plaît à faire des bactéries résistantes la métaphore des luttes minoritaires face à la montée du fascisme et à nos sociétés malades. Pour illustrer ces résistances, tant intérieures que proclamées, elle aimerait détourner la figure de l’autel pour faire de l’intestin une sorte de divinité des lieux. Elle l’envisage non pas comme une entité supérieure mais comme un organisme multiple, instable et dépendant des autres. Pour tenter de mieux digérer ensemble, elle souhaite proposer une installation interactive et participative pour laquelle chacun·x·e apporterait sa bactérie à l’édifice. Des recettes fermentées viendront sans doute enrichir cet écosystème joyeux.
Restitution de la résidence le dimanche 3 mai 2026 à 11:00 au Café de Fiac, 6 place du four, 81500 Fiac
Né à Bastia en 1994, Nicolas Quiriconi vit et travaille à Paris. Après un premier cycle à l’École supérieure d’art d’Annecy, il est diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2021. Son travail a été présenté dans plusieurs lieux d’art tels qu’à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz à Arles lors des Rencontres d’Arles 2022, dans le programme Résonance de la Biennale de Lyon 2022 et à la Maison des arts de Malakoff pour Nuit Blanche 2021. En parallèle, il participe à des résidences d’artistes en territoire notament avec les Ateliers Médicis. Il est actuellement résident à Artagon Pantin.
Dans la peau d’une focaccia, d’une cigale, ou d’un potier travaillant sur une platine vinyle. Il aime raconter des histoires, se raconter des histoires. Tout commence souvent par une anecdote glanée, un rituel oublié, un détail du quotidien qui prend vie. À travers la performance, le chant, la vidéo, l’installation, et la création de costumes et d’accessoires, Nicolas Quiriconio crée des espaces où culture populaire et culture établie se rencontrent, où le passé et le présent se croisent. Son travail se situe à la frontière entre arts visuels et arts vivants et s’inscrit dans une démarche collaborative, en dialogue avec le territoire et ses habitant-es. Avec elles et eux, il réactive des récits anciens ou en invente de nouveaux. Ce qui l’anime, c’est cette zone de trouble entre réel et fiction, entre dérision et sacralité. Il ne cherche pas tant à documenter le passé, mais à en faire un terrain d’expérimentation dans lequel il s’offre la liberté de le tordre et le réécrire. C’est dans ces interstices qu’il place son travail : là où la mémoire devient une fête, où la fiction redessine le territoire, et où toujours, le récit finit par prendre le pas sur la réalité.
Restitution de résidence le 18 juillet 2025 à Fiac à 21:00 Départ de la performance : 6 place du four 81500 FIAC
Résidence du 30 janvier au 18 mars 2026. Lycée Professionnel Agricole de Flamarens à Lavaur.
Au domaine de Flamarens à Lavaur, l’artiste Océan Delbès a découvert un plateau : « la prairie des
lapins ». C’est un monticule artificiel formé de 10 mètres de remblai qui offre en son sommet un panorama
sur toute la vallée de l’Agoût.
Il y exhume, lors de fouilles « futuro-imaginaires », un village-maison enfoui. Ce plan est né de l’esprit de
l’artiste, 70 mètres de long pour 25 mètres de large, le projet creusé dans la terre prend racine in situ sur
cette parcelle remblayée. On y découvre les reliques fossilisées d’une vie passée ou future, peut être
celles de notre propre contemporanéité. Le visiteur est invité à déambuler dans cette œuvre monumentale
à la découverte de ces témoignages matériels, immatériels…
L’action de l’homme et des machines peut changer le territoire. Ce geste réalisé ici par Océan Delbès,
nous questionne sur la véracité des choses qui nous entourent. À l’ère du numérique et de l’intelligence
artificielle les images ne sont plus forcément celles que l’on croit : IMAGE elles le sont plus que jamais
mais les sujets qu’elles représentent n’existent peut être pas dans notre dimension.
« Dessine-moi un M creusé dans la terre »
Sur le carton d’invitation à l’inauguration de MOTOCULTURE, l’illustration est le résultat de commandes
passées par Océan Delbès au bot DALL.E, il s’agit d’une intelligence artificielle développée par OpenAI
capable de générer des images. L’artificialité s’oppose ici sans limites à nos profondes convictions.
En ce mois de mars 2023, les conditions d’accès à « la prairie des lapins » sont difficiles. En effet la nature
argileuse du chemin qui y mène et les conditions météorologiques dégradées rendent compliquées les
excursions sur place. De nombreuses images témoignent pourtant de l’ampleur du projet d’Océan Delbès
à Flamarens. Cependant tant que nous ne l’avons pas vu, quelle est notre garantie que l’œuvre existe
réellement ?
Il vous faudra donc parcourir le petit sentier de sous bois puis escalader le monticule pour vous assurer de
son existence. Pourtant certains d’entre vous qui n’y seront pas allés, n’auront accès qu’aux dires de
quelques autres mais ne seront jamais sûrs à 100%.
Le paysan et l’artiste travaillent la terre par un geste. Là-haut l’artiste a utilisé le sol comme toile et la pelle
mécanique comme pinceau. Le public pénètre dans cette histoire inscrite dans la terre et doit s’en emparer
pour partager ce rapport du corps à l’œuvre.
Cette histoire deviendra légende, le temps fera son œuvre lui aussi et d’autres récits viendront raconter ce site d’archéologie relative. Donnons-nous rendez-vous dans 1 an, 2 ans ou plus… quand la nature aura repris ses droits et que l’image aura laissé place à l’imaginaire. – Félix Morel
Inauguration le jeudi 16 mars à 17:30 au LPA Flamarens, 2600 route de Flamarens, 81500 Lavaur.
Faire Suffire – une exposition proposée par Célie Falières, artiste accueillie en résidence de création à l’école primaire Odette et Gaston Vedel, Saint-Paul-Cap-de-Joux (81).
Faire Suffire (c) Célie Falières
Célie Falières (1987) vit et travaille en Aveyron.
En 2012, elle obtient un DNSEP à la Haute École des Arts du Rhin de Strasbourg. Depuis, elle développe un travail de sculpture et d’installation où se mêle le pérenne et le périssable. Les objets qu’elle fabrique constituent un vocabulaire de formes, toujours articulé autour d’un contexte, d’un lieu et de ses ressources propres. Il s’agit de palier à l’insuffisance des mots en fabriquant des objets ; d’inventorier les volumes et les divers états de matière pour appréhender le réel à l’échelle du corps. Utilisant le répertoire des sciences naturelles, humaines ou du folklore, elle mâche, brûle, modèle, taille, cuit, fond, pique, digère et ce faisant cherche des points d’équilibre.
Vernissage le lundi 9 décembre 2019, à 18h30 Exposition du 9 décembre 2019 au 31 janvier 2020
Pour sa 25e édition, le festival des artistes chez l’habitant s’est déroulé du 5 au 7 juillet 2024 à Saint-Paul-Cap de Joux (81).
7 artistes, 7 familles, 7 œuvres créées in situ.
Artistes invité.e.s : Léon Binetruy, Lydia Guez, Lola Laville, Marie Labat, Charlie Malgat, Alexiane Trapp et Joanna Wong
Note d’intention :
« Ca suffit, Ma Ginger, c’est mauvais de bêcher autant la terre. Cette terre qui nous a donné la vie. » – Pas d’insolence, Thomas Edison Junior. je bêche autant qu’il me plaît. – Tu vas tout fiche en l’air, Tom a raison. – Il aime mes tartes ? « Délicieuses. » – Alors qui a raison pour le bêchage ? Extrait de dialogue tiré du film Dogville de Lars Von Trier, 2003
La terre, royaume organique aux frontières invisibles, sédimentée de toute l’histoire d’une planète ; la terre, périple insondable enfoui dans l’imaginaire de l’humanité, son rapport à l’eau, au feu, à la profondeur, au temps, à la mort et à la germination ; la terre, support des activités humaines : cultivée, occupée, divisée, exploitée, excavée, etc… objet depuis des siècles de guerres sanglantes en même temps que théâtre de la vie ordinaire. La terre, en urgence.
« Pression contre gravité, de la vraie horizontalité on pourrait parler de superficialité. Des sols toujours plus artificialisés, du foncier à l’aide des banquiers. » (slam anonyme) Depuis quelques années les géographes, géologues, hydrologues, urbanistes, architectes, météorologues alertent sur le danger d’une surexploitation ou d’une mauvaise utilisation de la ressource terre. Nous pourrions citer différentes problématiques récurrentes : le jour de dépassement de la terre, l’artificialisation des sols, la mauvaise pratique du labour, la pollution terrestre, la gestion des eaux de sous sols, l’usage de produits phytosanitaires à grande échelle. L’artificialisation est définie dans l’article 192 de la loi Climat et résilience comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage ». La consommation d’espace ne cesse de croitre à l’instar de la population mondiale, tout comme le besoin en ressources naturelles qui a explosé depuis la révolution industrielle. De nombreux voyants sont au rouge mais l’économie mondialisée tente, par son grand virage vers la transition énergétique de réduire son impact de perturbateur de l’équilibre naturel de l’écosystème. Pas assez vite ni assez efficacement selon de certains scientifiques et une partie de la population mondiale, qui se soulèvent pour proposer des alternatives durables peut-être plus à l’écoute du cycle de la vie (saison, règne animal …)
« Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme » (Antoine de Lavoisier) A l’origine de la vie, il y a des bactéries, invisibles qui pourtant se développent et se meuvent comme tout organisme vivant. Elles oscillent dans un équilibre sensible de leurs actions combinées, pour la vie, pour la mort, pour la transformation intermède entre ces deux états. Il a été prouvé que certaines activités humaines favorisent à outrance le développement de certains organismes ou espèces du vivant. Cette prolifération vient parfois perturber l’existence d’espèces endémiques déréglant par là même des systèmes beaucoup plus grands et tout aussi subtils. La vie nait aussi sous la terre, dans des frontières invisibles, un royaume organique qui a parfaitement composé des éléments essentiels à l’existence du vivant.
« Voyage au centre de la Terre » (Jules Verne) Un périple insondable reste enfoui dans l’imaginaire de l’humanité qui, trop occupé à regarder les étoiles, en oublierait presque la majesté qui glisse sous ses pieds. La culture et l’exploitation intensive de la Terre ont peut être fait oublier à l’Homme qu’il n’a qu’une seule planète. Ce 6 juillet 2024 sera l’occasion, peut-être, de poser notre regard autrement sur cet élément terre, ensemble de changer nos critères. Félix Morel
Commissariat : Festival coproduit par l’AFIAC et les Abattoirs Commissaire général : Felix Morel Commissaires invités : Léa Besson, William Gourdin, Lauriane Gricourt et Emmanuelle Hamon
Partenaires : DRAC Occitanie La Région Occitanie Le Département du Tarn Mairie de Fiac CC Lautrécois Pays d’Agout Café associatif le Piaf, Fiac Réseau Air de Midi
Pour sa 24e édition, le festival des artistes chez l’habitant se déroulera à Fiac les 30 juin, 1 – 2 juillet 2023.
10 artistes, 10 familles, 10 œuvres créées in situ.
Visuel de la 24e édition du festival « des artistes chez l’habitant »
Artistes invité.e.s :
Socheata Aing
Christophe Clottes
Daniele Coppola
Pauline Delwaulle
Aurore-Caroline Marty
Laura Molton
Cécile Pitois
Sorane Rotellini
Douce Supper
cozm (Côme Ferrasse)
Note d’intention :
3,2 mm par an, c’est à cette vitesse qu’augmente chaque année le
niveau de la mer… 23 cm depuis 1880.
C’est en partant de cette observation qu’Imago Sekoya, entomologiste, initie
dans son premier carnet de voyage édité il y a 30 ans, une rencontre avec
un monde émergé.
Le premier recueil de 6 carnets s’intitule : Les îles d’Auvergne.
Imago Sekoya est en réalité un écrivain fictif que ses auteurs Franck Watel,
Eric Terrier et Paul Basselier se sont imaginés suivre dans son expédition
débutée … en 239 a.m.e (après la montée des eaux). Un fantasme d’auteur
au cours duquel l’eau serait montée si haut que le massif central serait
devenu un ensemble d’îles.
C’est à partir de cet ouvrage qui nous rappelle la triste réalité des conséquences liées aux changements climatiques, qu’est née, l’édition 2023 ARC-HIP-EL(S) du festival « des artistes chez l’habitant ».
Cet évènement se déroulera sur la « colline » de Fiac les 30 juin, 1 & 2 juillet
2023.
AR-CHI-PEL(S) nous invite à questionner l’impact de nos actions
d’aujourd’hui et les réalités futures que celles-ci peuvent induire.
Au delà du drame, quels pourraient être les habitus, les formes de vie et les aspérités de ces nouveaux paysages? Que se passerait il au dessus? Au dessous? La ligne d’eau, délimitant la nouvelle frontière entre le haut et le bas du monde, redessinerait alors le contour des cartes et des territoires, dans ce monde plus proche du ciel mais à la profondeur abyssale, les espèces vivraient en harmonie sur de petits pitons rocheux à la mine escarpée ou au dos arrondi. Tant de pointes et d’émergences qui constitueraient autant d’ensembles décousus dans les immensités turquoises et marines qui ne formeraient alors plus qu’un seul océan.
Le monde submergé laisserait-il la place à un nouveau monde ; comment
celui-ci réinventerait sa nouvelle éco-no-logie?
10 artistes seront invités à interroger cet imaginaire – entre utopie et uchronie
– en portant à la fois un regard sur leur propre démarche, sur le processus de
conception d’une œuvre et son réemploi.
L’AFIAC en 2023 propose une édition « raisonnée » et poétique à la mesure du regard conscient et responsable de l’artiste, pour composer à Fiac, le temps d’un week-end, un îlot au coeur du pays d’Agout.
Félix Morel
Commissariat :
Paul de Sorbier, Maison Salvan, Labège
Emmanuelle Hamon & William Gourdin, les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie Toulouse
Félix Morel, L’AFIAC, Fiac
Une coproduction L’AFIAC – les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie Toulouse – Maison Salvan, Labège
Partenaires :
DRAC Occitanie
La Région Occitanie
Le Département du Tarn
Mairie de Fiac
CC Lautrécois Pays d’Agout
Café associatif le Piaf, Fiac
Réseau Air de Midi
Entreprise Bressolles TP, Lavaur
L’arbre à danser, création paysagère, aménagement naturel, Lavaur
Nicolas Puyjalon inaugure avec « il faut tout un village » un nouveau dispositif dédié à la l’art-performance. Un projet de mini-résidence de 3 jours mis en place par L’AFIAC pour permettre à des artistes performers de créer in situ. Ce projet est réalisé en lien avec le Café associatif de Fiac, le Piaf.
Illustration : Nicolas Puyjalon Photos : Félix Morel
Le festival « des artistes chez l’habitant » revient les 21, 22 et 23 octobre 2022 à FIAC.
Thème : De seuils sacrés en pas ordinaires Commissariat général : Felix Morel Commissaires invités : Emmanuelle Hamon, William Gourdin et Marta Jonville
18h – Vernissage – (lieu à définir, centre ville de Fiac) – buffet élaboré par Debora Incorvaia et Elise Estrade
20h30 – Ouverture de l’exposition et visite nocturne
Samedi 22 octobre
10h – 19h – Ouverture de l’exposition
10h – Conférence Imago Sekoya par Frank Watel
20h – Place du four – Repas (réservation obligatoire, sur helloasso ou au 06 43 21 31 49 participation aux frais 15€ )
22h – Place du four – Concert de Carvento Felana
Dimanche 23 octobre
10h – 18h – Ouverture de l’exposition
La thématique : De seuils sacrés en pas ordinaires
L’habitat est la pratique des seuils de l’être, des passages d’un lieu d’être à l’autre entre le corps et le décor …
Dans la langue biblique, habiter c’est être là. C’est un mode d’être pris dans le temps et dans l’espace, une modulation. (…)
Dès qu’on s’occupe d’habitat, on se mesure à certaines qualités qui relèvent non du devoir mais de l’éthique. L’une d’elles se révèle essentielle, l’hospitalité :
le pouvoir d’accueillir l’autre, de transformer l’espace pour en faire plutôt qu’un lieu d’affrontement et de pure parade narcissique, un lieu d’être et de séjour ; hors des devoirs du fonctionnement ; simplement parce que c’est ainsi ; ça n’est pas demandé, c’est une grâce faite à l’autre et à soi-même. (…)
Être hospitalier, (…), c’est aborder sereinement l’espace de l’entre-deux, où la rencontre peut se passer, la rencontre entre l’un et l’autre. (…) Être hospitalier c’est pouvoir accueillir l’étranger qu’on devient à soi quand on voyage vraiment entre deux de ses lieux d’être.
Daniel Sibony, Entre-deux, L’origine en partage, Habiter (Extraits)
C’est dans ces notions, ici exposées par Daniel Sibony dans l’ouvrage Entre-deux que le festival « des artistes chez l’habitant » ex « + si affinités » puise son origine.
Lorsque l’on pénétre quelque part on fait bien plus que s’engouffrer, on traverse une frontière, on doit y être invité, ou s’y faire inviter.
Passer la porte d’une maison n’est pas un acte anodin, comme l’eut dit Porphyre «un seuil est une chose sacrée ».
Le dramaturge Salazar y Torres pensait que l’entrée, effective ou simplement envisagée, d’un personnage dans un espace qui lui est interdit, intrusion condamnable en ceci qu’elle implique la « profanation du seuil ».
Ce festival particulier interroge le principe de résidences de création chez l’habitant. Il vient plus particulièrement souligner le lien aux corps demeurant dans l’espace de l’intime d’où émergent les projets in situ.
Ce parcours est un jeu de séduction, au cours duquel l’un, l’autre, les autres s’apprivoisent, pavoisent, parlent, en signes, en gestes, de désirs et de silences. La domesticité du lieu relie chacun à ses automatismes, à ses reliques mémorielles et sensorielles, hôte et hôtes s’autorisent, s’entrainent à explorer ensemble les territoires qui se révèlent dans l’échange.
Le seuil n’est pas qu’un passage, il est aussi un pas essentiel au sens de mesure ou de graduation, il marque le temps, le temps nécessaire à apprendre l’habitude.
En 2022, cinq artistes sont conviés à partager leur quotidien avec cinq familles fiacoises. De seuils sacrés en pas ordiniares nous rappelle à cet instant généreux à penser le nous, s’intéresser aux potentiels transferts et se donner le droit de la création.
C’est à ce moment de bascule que s’engage la magie. Quand la porte s’ouvre s’engage le dialogue, quand elle est passée commence l’aventure.
La porte c’est tout un cosmos de l’entrouvert où s’accumulent désirs et tentations comme le disait Gaston Bachelard, mais est ce le même être celui qui ouvre une porte et celui qui la ferme ?
Depuis avril 2022, l’artiste DDigt a été invité sur un dispositif de résidence inédit à L’Afiac. En effet, l’artiste intervient dans des espaces souvent délaissés par la création contemporaine. Ici, il est omniprésent, s’immisce dans les moindres coins et recoins de la société … aussi peut être l’avez vous croisé au détour d’une rue ou chez votre boucher. Dans sa démarche, il travaille de Fiac vers ailleurs, et d’ailleurs vers Fiac : l’artiste se dématérialise pour révéler le territoire à lui même.
L’Afiac m’a proposé cet hiver une carte blanche conçue pour croiser l’ailleurs et Fiac, Fiac et l’ailleurs, en marge du festival des artistes chez l’habitant : une initiative hors les murs, hors cadre, hors géographie, où tout est à inventer … Initialement imaginée on line par l’Afiac, c’est au fil de la réflexion vers une direction personnelle, qui est déjà une interprétation en soi, que j’ai imaginé un art dématérialisé et démultiplié: en prenant ces deux dimensions pour moi-même ! C’est moi qui me démultiplie et me dématérialise, dans une course folle pour prendre de vitesse les électrons ! Ce qui se charge de communication aujourd’hui, c’est le sac qu’on boucle à la va-vite pour fuir avant l’écroulement des murs. Ainsi est né And the winner is … : un projet articulé autour d’une trentaine de « sorties », tantôt loin de Fiac, tantôt plus près, tantôt seul tantôt en équipe,destinées chacune à aller rencontrer le public sur son propre terrain, pour autant de confrontations dont l’artiste devrait sortir victorieux en restant sur son quant-à soi. Car l’adversité extrême et le régime de restrictions dans lesquels le monde et tous les esprits sont désormais plongés ne font pas peur à l’artiste, constituent son environnement voire sa nourriture quotidien.ne, et nul doute que c’est donc à la toute fin … lui qui gagne ! (ce dont de toute évidence personne n’a rien n’a fiche mais qui pour nous ne manque pas de sel : il aura fallu que le monde s’écroule pour voir que l’artiste est fort, avec partout des initiatives, qui d’un théâtre, qui d’un collectif, où, de guerre en tragédie, les artistes se montrent super-adaptés sous les bombes, pour eux-mêmes et surtout pour les autres !)
DDigt
Un mot.
L’Afiac s’est spécialisée en deux décennies à proposer aux artistes contemporains des résidences hors lieux dédiés. Des projets plus étonnants les uns que les autres, énergisés par un singulier festival : « des artistes chez l’habitant » qui a su drainer un public féru d’expérimentations et à l’exigence élevée, toujours présent physiquement. Après deux années de restrictions, en suivant le constat que les modes de vie et notamment la culture du travail sont en train de changer, qu’Internet a transformé les modes de communication de part le monde. Pour répondre aux confinements successifs, à la sédentarisation des populations, du travail à domicile, et toucher ce public physiquement distant ou « reclus » s’est posée la question de pourquoi les artistes aussi ne pourraient-ils pas eux aussi travailler en télétravail ? C’est ainsi qu’est née le projet de résidence Hors les murs/ Production digitale; une résidence à distance … depuis Fiac vers ailleurs, depuis ailleurs vers Fiac, dans le but de produire une œuvre/ des oeuvres « online » qui pourra/pourront se matérialiser simultanément en différents endroit avec à disposition des espaces relais chez les partenaires, internet, la «poste expo» de Fiac. Ce projet ne s’inscrit pas du tout dans la lignée des NFT’s mais plutôt dans l’optique de créer des oeuvres qui pourraient se rencontrer « à domicile » avec ces moyens et ces médiums « locaux ». Je me souviens avoir fait l’expérience dans les années 2000 d’une œuvre de François Morellet depuis le PC familial, cette œuvre (dé)matérialisée en un site internet permettait de générer une œuvre à soi, depuis chez soi selon un algorithme défini par l’artiste, apparaissait alors de cette l’interaction digitale une œuvre unique et spécialement conçu pour moi. Dans le souci d’être attentif aux besoins des plasticiens ce dispositif se doit également d’être à la mesure des artistes, cela étant rendu possible grâce à l’écriture, co-écriture du projet avec le commissaire. Un dispositif à la dimension du plasticien, comme un scénario, qui s’amène et modifie ses frontières au gré du temps et de la pensée en mouvement. Cette résidence n’appelle pas à une obligation de résultat, elle ne convoque pas les gens au « grand final », elle ne suit pas les étapes de la fiche technique du projet, rien de tout ça. En effet à l’image du web et des médias, la voici interrompue par l’actualité, perturbée par la pénurie, elle s’immisce en suivant les courants de communication parallèle, tous les réseaux sont bons à prendre et à exploiter … plus qu’un scénario, une stratégie.
De par l’échec … J’ai proposé à DDigt de se joindre à L’Afiac pour la première édition de ce programme. Je me souvenais une de ses oeuvres, à Lieu Commun, Toulouse, composée de plusieurs tours de PC qui connectées en série alternativement par un câble jack depuis la sortie audio de l’une vers l’entrée audio de la suivante produisaient de concert « un chant de baleine ». La portée poétique de l’oeuvre alors encore à l’étude, liée au détournement de ces instruments m’avait troublé. Comment l’ordinateur et les défauts de ses circuits imprimés, poussières, etc … pouvaient devenir alors une matière vivante? Le projet Afiac est fondamentalement lié au territoire, à son territoire : un effet institué par le système de financement public qui favorise notre action à se répandre, s’entretenir selon un champ propre et des limites géographiques. Là où les artistes sont sensés nous ouvrir à des perspectives et à des champs de pensée élargis, le cadre de l’institution vient parfois circonscrire les projets. Comment alors que les enjeux de la mondialisation tendent à donner à toute chose une dimension « internationale », la production artistique se retrouverai contrainte par le cadre institutionnel local ? Interroger les artistes et leur rapport à ce « nouveau » monde apparaît pour l’association d’art contemporain de Fiac comme prioritaire. J’aimerai pour ôter ce cadre demander aux artistes « Que feriez vous aujourd’hui avec 1000€ ? Cette question nourrissait jusqu’alors l’espoir secret qu’un artiste invité sur ce dispositif « se barre au Mexique pour une résidence distancielle (avec le fric) ».
Pouvoir s’exprimer ici sur des heurts ou des questionnements D’après DDigt, La position des artistes serait de moins en moins visible et intégrée dans un système qui privilégie l’efficacité et le rendement à la poésie et à la pulsion. Ils seraient stigmatisés, méprisés, jalousés … Comment faire partie de la société, retourner à l’anonymat et simplement faire son travail ? L’art peut-il s’inscrire dans le quotidien? A t’on besoin que cela convoque? ne serait il pas possible que l’art se rencontre plutôt au détour d’une rue, en allant chez son boucher ? Faire partie de la vie normale, intégrer la société ? Autant de questions que m’a posé DDigt, le jour où il m’a présenté son projet « And the winner is … » .
… Et puis la guerre a éclaté Des sorties, des interventions, … en mission « l’artiste en CDD » vient réparer les fractures de la société, des gens autour de nous. ( Lors de notre premier rendez-vous à Fiac, la guerre en Ukraine est déclenchée depuis quelques jours ) L’artiste par son action semblable au « happening » dans l’espace public pourrait se retrouver en situation de danger et pourtant il me dit qu’il se sent fort, un monde s’est réveillé, nous échangeons sur ces citoyens de part le monde qui luttent et qui résistent : en Chine, un jeune artiste fixe de son regard les caméras de surveillance de l’espace public … inlassablement, jour après jour suivi par cette femme en Russie qui porte à bout de bras une pancarte blanche sous les yeux du Kremlin. L’artiste intervient lui aussi, comme toujours en temps de guerre, par tous les moyens à sa disposition, ou ceux qu’il pourra prendre, il s’immisce par tous les canaux. Ces actions du quotidien seront relayées par les réseaux habituels : la presse, la radio et la télévision locale … pas de communication particulière « en plus »; a t’on besoin d’un carton d’invitation pour être invité chez soi ? Avec en lui le désir toujours de s’insérer au plus proche du réel. J’ai mis en garde Ddigt face aux difficultés auxquelles probablement il s’exposerait dans des espaces non dédiés, il a invoqué le quant-à-soi garantissant qu’il fallait prendre place : comme si le temps était venu. Cette posture interroge la distance qui existe entre le peuple et l’art dans sa représentation. Le rôle du commissaire paraît ici primordial, n’est ce du rôle de l’institution de se démarquer par sa présence dans le rapport à ce qui nous entoure, pour que le travail de l’artiste puisse prendre le pas et peut être prendre racine … C’est à nous de l’attraper. Mais peut être ne sommes nous pas éduqués à ça.
Félix Morel
Le 23 Juin 2022, à partir de 16h30 sera proposée une énième sortie intitulée Kermesse à Fiac, elle aura lieu au café de Fiac. Tel Denis Lavant dans Holy Motors de Leos Carax « prêt à enfiler tous les costumes ! », DDigt profite une fois de plus de cet instant pour incarner tous les rôles possibles et inimaginables au cours de cette soirée de performance.
Article publié par RADIOM, la radio étudiante de Castres-Mazamet :