Pierre-Laurent Cassière | INSECT-LIKE / LIKE-INSECTS

Pierre-Laurent Cassière

Lautrec 2014 -Des artistes chez l’habitant

Un événement de l’AFIAC
Commissariat général : Patrick Tarres
Commissaires invités : William Gourdin et Paul de Sorbier

L’artiste était reçu chez Louis Rigaudy

Acoustatiques, 2004-2014

Sculptures cinétiques et sonores, deux éléments, 110 x 35 x 35 cm chacun.
Bois, haut-parleurs, billes d’acier, générateur basses fréquences, amplificateur.

Drone, 2014

Installation sonore, dimensions variables.
Fil d’acier inoxydable, hélice, ventilateur, microphone de contact, amplificateur, haut-parleur.

Absences, 2012-2015

Installation sonore, durées et dimensions variables.
Pièces sonores binaurales, casques stéréophoniques, lecteurs audio, chaises.

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Insectes invasifs au château de Malvignol

Pierre-Laurent Cassière est reçu au Château de Malvignol par Monsieur Louis Rigaudy et sa famille. L’édifice est imposant, ses jardins en terrasse et son site enchanteur lui conservent un charme de petite seigneurie du seizième siècle. Il n’en demeure pas moins qu’à l’instant où l’artiste entre à Malvignol, il sait qu’il a fort à faire pour trouver sa place. À l’instar des insectes, il finira par occuper l’espace dans sa presque totalité avec une discrétion frôlant l’invisibilité. Comme à son habitude il jouera avec les champs vibratoires, les limites de la perception et du sensible, dans une épuration formelle radicale et très élégante.

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En entrant dans la grande cave voûtée du château, notre regard est capté par deux sculptures noires et parallélépipédiques. Chacune est composée d’un socle supportant un haut-parleur à membrane métallique dans lequel est placée une petite bille d’acier. Un signal audio de très basse fréquence, quasiment inaudible, est diffusé dans le haut-parleur, faisant sauter la bille dans un mouvement irrégulier. En percutant la membrane, la bille génère un rythme aléatoire et transforme le haut-parleur en instrument acoustique. Il faut un peu de temps pour réaliser qu’une autre vibration, dissociée de celle que nous venons d’observer, vient bourdonner à nos oreilles.

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Sa découverte prend un peu de temps puis ravit notre curiosité. Un fil d’acier très fin, presque invisible, est tendu dans la longueur de l’espace à trois mètres de hauteur. Une petite hélice, enfilée à une extrémité de cette longue corde, est mise en rotation par un ventilateur. Les vibrations ainsi induites au fil d’acier sont captées par un microphone de contact à l’autre bout de la corde métallique, et donc de l’espace architectural, où elles sont diffusées en direct par un haut-parleur mural. Ce son continu, ce bourdon – ou drone – habite en permanence l’espace acoustique, remplissant le lieu des harmoniques complexes générées en direct le long du fil invisible.
C’est en visitant les terrasses du jardin que l’on découvre Les Absences, une série de pièces sonores in situ réalisées en fonction des différents contextes d’exposition. Chacune est un montage de captations binaurales*, réalisées sur place et donnant à entendre différents événements relatifs au lieu. Chaque bande-son est diffusée dans des écouteurs stéréophoniques placés sur des chaises, elles-mêmes installées précisément à l’endroit des enregistrements.
L’auditeur se retrouve ainsi dans une situation fictive produite par l’illusion de présence physique des sources sonores.

Pour le Château de Malvignol, trois Absences sont proposées au public. La première, située sous un arbuste devant l’entrée principale de la grande cave du Château, donne à entendre les abeilles butinant les fleurs autour de la tête de l’auditeur. L’enregistrement sonore réalisé à la période de floraison est restitué en plein été, alors que le défaut de fleurs sur l’arbuste entraîne celui des insectes. Le second, à l’angle du petit jardin à la française dans le prolongement du château, offre un point de vue plongeant sur l’ensemble du parc. L’auditeur y écoute Louis Rigaudy, propriétaire du Château, évoquant tour à tour des souvenirs, des détails de la réfection du bâtiment et des jardins ou des anecdotes historiques relatives au lieu. La troisième station d’écoute, enfin, placée en deçà de la piscine, tout en bas du jardin, permet de s’immerger dans le paysage sonore nocturne. Assis en plein soleil, les visiteurs peuvent écouter grillons, grenouilles, hiboux et autres cris d’animaux se réverbérant en échos dans la forêt en face du château. Un chat vient ronronner au pied de ma chaise, j’attends qu’il se caresse contre ma jambe ou qu’il saute sur mes genoux, je le cherche de la main, ne trouvant rien j’imagine qu’il est derrière moi, je me retourne, toujours rien.

L’expérience de cette rencontre avec le travail de Pierre-Laurent Cassière est physique, spatio-temporelle, ludique et très poétique.

Patrick Tarres

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plus d’info sur Pierre Laurent Cassière

 


Commissariat

Commissaire général : Patrick Tarres
Commissaires invités : William Gourdin assistant de direction Frac Midi-Pyrénées, chef de projet d’exposition et de diffusion en Région, et Paul de Sorbier directeur de la Maison Salvan à Labège.

Les artistes à Lautrec

insect-like-content002Julien Salaud, Pierre-Laurent Cassière, Nicolas Fenouillat, Denise Bresciani, Agnès Rosse, Suzy Lelièvre, Le collectif IPN, Collectif Ding, Benedetto Bufalino, Linda Sanchez.


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