AFIAC/Café/Performance | Ronan Lecrosnier

AFIAC/Café/Performance | Ronan Lecrosnier

Commissariat Patrick Tarres

Rendez-vous vendredi 5 janvier 2018 à  21H au POP UP Café de Fiac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« J’utilise un appareil photo comme un musicien joue d’un instrument (le terme jouer est important). Je considère que mes photographies ne sont pas enregistrées par un appareil photo mais générées par un appareil photo. Par cela j’entends que ces images sont profondément photographiques, que l’appareil (bien souvent numérique), apporte autant d’éléments à l’image que le sujet photographié : haute définition, artefacts, bruit…

Une partie plus récente de ma pratique artistique s’intéresse à l’environnement numérique étendue au-delà du périmètre de la photographie. Impression 3D, son, musique, web, réseaux sociaux, machines diverses. Toujours dans l’optique d’y trouver un détournement à effectuer, un bug ou en somme, un caractère unique à exploiter.

J’ai l’habitude de dire que je travaille sur la vraie réalité virtuelle. Cette tautologie inventée désigne le fait que si l’environnement numérique se calque bien souvent sur des éléments du réel, les espaces réels tendent à incorporer à leur tour des éléments digitaux, en un va-et-vient continuel produisant à chaque passage de ce seuil diffus des nouvelles images, formes, actions. » – Ronan Lecrosnier

 

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AFIAC/Café/Performance | Florent Audoye

AFIAC/Café/Performance | Florent Audoye

Commissariat Patrick Tarres

Rendez-vous vendredi 1er décembre 2017 à  21H au POP UP Café de Fiac

 

Né en 1985 à Montpellier et diplômé en Sciences et Techniques de l’Exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2010, Florent Audoye développe une oeuvre qui aborde les thèmes du travail, de la bureaucratie et du genre qui se traduit principalement par le dessin, la vidéo et la performance.

Guidé par l’intuition, Florent collecte quotidiennement des documents institutionnels dont il désamorce l’aspect sérieux et autoritaire au moyen de séries de dessins intrusifs et poétiques. Influencé par les arts de la scène, Florent poursuit son approche subversive du monde administratif par le biais de performances. Mélangeant les registres, il pastiche l’univers bureaucratique de ces mêmes documents par des séries d’actions absurdes ponctuées d’une mise en scène toute théâtrale. Il recense également les gestes et les actions corporelles afférentes à la dramaturgie administrative dans de courtes vidéos en boucle.

Céline Dumas, 2017

 

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AFIAC/Exposition | Denise Bresciani

Denise Bresciani | KTF | 2017

Restitution publique des ateliers artistiques de recherche sur l’expérimentation de matières alimentaires, menés au mois de juillet 2017 par l’artiste Denise Bresciani au sein de l’EPM (Etablissement pénitentiaire pour mineurs) de Lavaur.

Dans le cadre du dispositif Culture /  Justice

Vernissage le 5 décembre 2017 à partir de 18h30

 

KTF 

Le projet mis en œuvre entre l’EPM et L’AFIAC consistait à la mise en œuvre d’ateliers de cuisine à l’EPM de Lavaur, basé sur la recherche et l’expérimentation de matières alimentaires.

Il s’agissait pour les jeunes mineurs d’engager un dialogue entre les arts plastiques et la cuisine pour vivre une découverte de l’art culinaire, avec l’appui des éducateurs et de Denise Bresciani, artiste plasticienne invitée par L’AFIAC. Cette dernière a amené les jeunes à se confronter au « faire » et à l’expérimentation par le biais de la mise en œuvre de savoir-faire simples et le partage de l’imaginaire autour des saveurs, du goût et de la composition visuelle.

Des traces (photographies, matériaux écrits et comestibles) du processus prolongeront l’expérience, éphémère de fait. Elles feront l’objet d’une restitution publique à l’extérieur de l’établissement, au sein du Musée du Pays Vaurais à Lavaur du 5 au 21 décembre 2017.

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Brunch médiation

AFIAC | Brunch | POP-UP Café

Pour ce 3ème rendez-vous l’AFIAC et le POP-UP Café propose de venir discuter et échanger du festival Des artistes chez l’habitant intitulé cette année « Frontières effrangées », le tout autour d’un brunch !

RDV de 9h30 jusqu’à 14h30

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AFIAC/Résidence | Estelle Vernay | 2017

Estelle Vernay | PLAYTIME | 2017

Artiste en résidence au Foyer de vie La Planésié – APAJH du Tarn, Castres, dans le cadre du dispositif Culture, Handicap et Dépendance
un partenariat DRAC/ARS

Vernissage le 9 novembre 2017 à partir de 18h

 

Estelle Vernay consacre sa pratique à la vidéo et à l’installation.  En puisant ses références dans la peinture classique, le romantisme mais aussi le grand guignol et les clichés du film d’horreur, elle investit la dynamique de l’image ainsi que les limites du spectacle et la manipulation du spectateur. En jouant avec les mécanismes de création de l’illusion elle nous invite ainsi à questionner notre relation à l’image et à la fiction.

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Karine Mathieu | Plastic Queer

Queer Center

par Karine Mathieu
Si la théorie Queer s’oppose à l’hétérosexisme et plus généralement à toute tentative de catégorisation du genre, elle vient déshabiller la norme pour mieux la regarder. Car il s’agit bien de défaire les frontières du genre vers de nouveaux possibles.
Plastic Queer, cette invitation de commissariat d’exposition, claque comme une véritable destinée artistique, m’amenant, sans que je le sache, à accéder au coeur même du genre plastique.

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Je revois encore le regard amusé de Patrick Tarres, directeur artistique de l’Afiac, lorsqu’il m’offrit cette carte blanche. Je lui ai confessé mes doutes lors de mon ablution dans le monde du genre, il m’a guidée dans la liberté de suivre mes instincts et porter mes convictions.
Tel un chef d’orchestre, il sait mieux que quiconque convoquer la mixité pour tisser des expériences sans pareil : convier des artistes à vivre un moment unique de création chez l’habitant autour d’une réflexion commune.
Au départ, je ne pouvais me résoudre à inviter des artistes sans comprendre les enjeux liés à ce Plastic Queer. L’approche sociologique orienta mes premières recherches. La rencontre avec Jams fut un moment fondamental. En m’éclairant par ses lectures, ses références et ses convictions, il m’a ouvert la voie. Très vite une confusion m’envahit : comment aborder cette notion d’identité ? Doit-elle nécessairement impliquer l’invitation d’artistes queer pour parler du queer ? Et le genre artistique dans tout ceci… Comment décloisonner les codes ?
Du photographe Claude Cahun aux vierges sous serment en Albanie, je me retrouve fascinée par cet interstice dépassant le piège d’une terminologie. Car le queer des uns n’est pas le queer des autres. Alors, quitte à dérouter dans cet exercice délicat, j’ai décidé de dériver en marge de la marge.
Les artistes invitées pensent l’identité dans un panorama où se croisent les mythes et les croyances, où les corps s’unissent dans une autre nature. Par un militantisme feutré, nous avons adopté l’aventure Afiac en vous livrant ce que nous sommes : des femmes hétéros et homos, des chercheuses de sens, des aventurières de l’autre où la norme ne guide pas nos pas.
L’envie de vivre intensément cette sollicitation a dicté ma conviction de construire une relation à la fois ultime avec les artistes et les hôtes. Les inégalités persistent, les mouvements réactionnaires s’attaquent à l’identité du genre. Le temps d’un week-end, Fiac est devenu notre queer center : une trêve où la générosité des habitants croise la force de création, où le public s’abandonne au plaisir festif, troublant délicatement l’ordre normatif des genres.
Chaque étape de l’Afiac a insufflé son instant exclusif : avoir un réel sentiment d’abandon de l’artiste le premier soir chez l’habitant / partager des strates de vies éclatées / bousculer l’intime par l’art / se révéler en silence une émotion partagée / remercier cet intervalle éphémère qui nous est accordé.

Un grand merci aux artistes pour leurs confiances et leurs honnêtetés, au directeur artistique de l’Afiac et à son équipe, aux habitants, aux publics… aux queers.

 


Commissariat général : Patrick Tarres
Commissaires invités : Karine Mathieu, Chef de projet d’exposition et de diffusion en région / les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées et Magali Gentet, directrice et commissaire des expositions du Parvis, centre d’art contemporain

Les artistes

Anna Burlet, Hélène Mourrier, Tony Regazzoni, Evor, Jean Biche, Pascal Lièvre, Romuald Dumas-Jandolo, Red Bind, Delphine Balley


Magali Gentet | Plastic Queer

Queer as we are

par Magali Gentet

Lorsque Patrick Tarres m’a invitée à assurer, avec Karine Mathieu, le co-commissariat de l’édition 2015 de l’Afiac Des artistes chez l’habitant, j’en ai été ravie d’autant que je connais et apprécie l’aventure fiacoise de longue date. Des artistes chez l’habitant est un concept pertinent et original. Ni galerie, ni centre d’art, l’Afiac est un lieu hybride, un espace de résidences artistiques, de partages et de co-création qui favorise la rencontre entre l’art contemporain et le monde rural.

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Invités en résidences chez les familles fiacoises, dix artistes créent des oeuvres spécifiquement conçues pour l’occasion et le temps d’un long week-end de trois jours, accueillent, avec leurs hôtes, les milliers de visiteurs pressés de découvrir et d’admirer les pièces qui ont été ainsi créées dans les demeures, les jardins ou les champs.Un must see en ex Midi-Pyrénées… Toutefois, je dois avouer que lorsque Patrick nous a parlé de sa thématique, sa proposition nous a laissées, Karine et moi, quelque peu pantoises. Intriguées aussi et par ailleurs amusées, tant nous voyions dans ce sujet une volonté (pour lui et nous ?) de ruer dans les brancards et de provoquer les esprits et les réactions.

Plastic Queer kesako ??

Sans doute étions-nous, au départ, déconcertées par un sujet que nous craignions (à tort) trop connoté « gay, bi & trans friendly ». Avec pour crainte première de n’inviter que des artistes qui questionneraient l’identité de genre ou la sexualité. Car, avouons-le, pour nous comme pour la majorité des personnes extérieures au mouvement, le queer se réduisait sans aucun doute à une représentation sexuelle, corporelle et identitaire caricaturale incluant avec force fêtes et
paillettes. Or, on le verra au cours de la manifestation, en art comme dans la société, le queer touche nombre de sujets, pourvu qu’ils visent à la déconstruction d’un monde binaire, où dominations et hiérarchies s’imposent comme des normes.
Nous étions par ailleurs en 2015, en plein débat sur la question du genre et le mariage pour tous venait d’être légalisé dans la douleur… Voilà qui ne manquait pas non plus d’ajouter à l’intérêt du sujet tout en posant en effet d’importantes questions : Pourquoi refuser l’égalité des droits pour tous sous prétexte d’une identité ou orientation sexuelle différente ?
Comment comprendre un autre qui se refuse à quoi son sexe de naissance l’assigne ? Qu’estce que le queer ? Qu’a-t-il à faire en art ? Existe-t-il un art queer et si oui comment les artistes d’aujourd’hui s’emparent de ses problématiques ? De l’agir et des pratiques queer ? Quels usages et réflexions apportent-ils aux théories genrées et « queerées » ? Enfin, qu’ont-ils à dire sur l’état de notre société, sa tolérance et ses extrémismes ? L’histoire du queer est ancienne mais sa théorie toute récente. Elle est une réaction à l’héritage du discours sexologique du 19e siècle, qui classe et norme tout, notamment les identités sexuelles. « Queer » est un terme américain qui signifie étrange, louche, peu commun, à part. On peut également le traduire par tordu, qui s’oppose dans ce cas à « straight » (droit), désignant alors les hétérosexuels, représentants d’une société assimilationniste, normalisée et binaire (hétéro, blanche et bourgeoise).
Souvent considéré comme une insulte envers la communauté LGBT dans les pays de langue anglophone, le mot « queer » s’est pourtant vite vu récupéré par les mêmes qu’il moquait. Le mouvement queer est ainsi né dans les années 80, au moment de l’apparition du sida, quand les militants remettent en cause les politiques identitaires et les représentations sexuelles, considérant par exemple que la distinction entre homme et femme ne dépend pas du seul fait biologique mais de la société qui conditionne les comportements et le choix de l’identité.
Comme l’écrivait Simone de Beauvoir, donc « on ne naît pas femme, on le devient ». Et c’est Judith Butler avec son ouvrage majeur Trouble dans le genre, publié en 1990 aux États-Unis (et 15 ans plus tard en France !), qui jette la première les principes de la « Queer Theory », bousculant l’hétéronormalisation (1) de la société et refusant l’existence des identités de genre (homme et femme) et de l’orientation sexuelle. Pour Butler il y a en effet autant de genres que de manières d’agir et de vivre sa vie. Or, c’est à cet endroit précisément que la thématique Plastic Queer démontre toute sa pertinence.
Il y a d’abord avec cette édition 2015 une part d’audace à traiter d’un sujet si clivant au sein d’un village agricole de 800 âmes en plein coeur du Tarn ; avec, rappelons-le, une théorie encore à peine maitrisée par les penseurs, philosophes et sociologues d’un pays qui découvre actuellement et avec retard les écrits relevant du queer. Non pas qu’il fût par ailleurs mieux abordé en ville, mais tout de même cette édition autour du queer promettait d’être un des plus beaux morceaux de bravoure de l’aventure fiacoise depuis quelques années…
Puis il y a également la nature même de l’identité queer : évolutive, mutationnelle et multiple, qui laisse entendre finalement qu’elle pourrait s’adapter à presque tous les vécus et donc intéresser plus de monde que prévu… Le queer est en quelque sorte en chacun de nous, un monstre, un freak, une personne à part, inadaptée aux normes d’une société. Ne nous
sommes-nous pas tous sentis en effet, à un moment ou un autre, en marge des normes ? N’avons-nous jamais souffert du rôle que nous assignait notre biologie ou notre extraction ? Qui n’a jamais été frustré face aux restrictions des codes hétérosexuels ? À celles des rôles masculin et féminin, dominant et dominé(e) ? Une femme fan de foot par exemple est-elle
queer ? Un petit garçon jouant à la poupée est-il honteusement féminin ? Autant de questions et de réflexions qui doivent être posées dans tous les milieux sociaux et peut-être même de manière plus vitale encore dans le monde rural, quand les études épidémiologiques montrent aujourd’hui encore une forte prévalence du taux de suicides chez les (jeunes) homosexuels,
bi, transsexuels et intersexuels (2).
Ainsi, la pensée queer pourrait nous extraire du carcan des normes et des règles pour nous permettre de repenser le monde de manière plus libre, plus plastique et plus poétique. En nous donnant l’opportunité de former de nouvelles façons d’être et de vivre… et si on
veut bien comme ici, laisser les artistes s’en mêler, de nouvelles façons de créer. Car en effet, finalement, qu’est-ce que l’art (et l’art contemporain a fortiori) si ce n’est, comme le queer, une façon de dépasser les codes, les normes et de s’affranchir des références et des traditions ?
En réfléchissant au sujet et après avoir lu quelques textes (3), j’ai choisi d’agir en complémentarité avec l’apport poétique et ritualisé des artistes que programmait Karine Mathieu, puis celui plus militant de Patrick Tarres. Il fallait également varier les formes, ne pas rester uniquement dans l’image, la vidéo ou l’installation, mais aborder la question de la performance, au sens de l’acte ou de la praxis. L’autre gageure était de choisir des artistes capables de pénétrer l’intimité et le quotidien d’une famille, tout en partageant avec elle, avec respect et amour, leurs univers artistiques parfois complexes. C’est ainsi que j’invitai trois créateurs issus du monde de l’art contemporain, du cirque et du cabaret, proposant autant d’expériences humaines, artistiques et de projets ouverts aux dimensions du genre, des philosophies identitaires et post féminisme (pour ce qui concerne l’intervention de Pascal Lièvre), de l’étrange, de la figure du monstre et de la dissidence (avec Romuald Dumas-Jandolo), et également de la transcendance, de la fête et du travestissement (chez Jean Biche). Et le pari fut réussi ! Il tint d’ailleurs en partie à la douce alchimie que Patrick Tarres sut créer entre les artistes et leurs familles, choisissant qui allait vivre chez qui.
Ainsi le truculent Romuald Dumas-Jandolo était-il accueilli chez la non moins joviale famille Nogues Larroque à l’accueil et aux cocktails incomparables. Pascal Lièvre et Jean Biche étaient quant à eux hébergés par Alain et Jean Sudre Bech qui se sont impliqués dans leurs projets artistiques de manière aussi sincère qu’engagée. Qu’ils en soient tous profondément remerciés, ainsi que toute l’équipe de l’Afiac, son directeur artistique, les bénévoles et tous les habitants, sans qui cette incroyable aventure liant l’art et la vie ne saurait exister.

 

(1)  L’hétéronormativité n’est pas que l’hétérosexualité mais plutôt la dominance de deux catégories de genre (masculin et féminin) excluant les autres. C’est également un système de valeurs qui impose des comportements liés à la fidélité, la monogamie, le mariage, les enfants…

(2) Le taux de prévalence de risque suicidaire est de 3-4 % dans la population globale, alors qu’il est de 12-13 % chez les personnes LGBT. Et le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels. Ce risque est augmenté dans les régions rurales.

(3) Patrick Cardon, Post-queer : pour une approche trans-genre, Diogène, 2009.
Judith Butler, Trouble dans le genre, La Découverte/Poche, 2006 (1990).
Marie-Hélène Bourcier, Queer Zones : Tomes 1, 2 et 3, Éd. Amsterdam, 2001, 2005 et 2011.
Teresa de Lauretis, Théorie queer et cultures populaires. De Foucault à Cronenberg, La Dispute, coll. »Le genre du monde », 2007.
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, tomes I et II, Éd. Gallimard, 1949.
Marie-Émilie Lorenzi, Une approche des pratiques queer dans l’art contemporain. Rencontre avec Jean-Baptiste Biche – Créature transgenre, Éd. 2.0.1, revue de recherche sur l’art du XIXe au XXIe siècle.

 


Commissariat général : Patrick Tarres
Commissaires invités : Karine Mathieu, Chef de projet d’exposition et de diffusion en région / les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées et Magali Gentet, directrice et commissaire des expositions du Parvis, centre d’art contemporain

Les artistes

Anna Burlet, Hélène Mourrier, Tony Regazzoni, Evor, Jean Biche, Pascal Lièvre, Romuald Dumas-Jandolo, Red Bind, Delphine Balley


Patrick Tarres | Plastic Queer

Plastic Queer

par Patrick Tarres

Héritière du féminisme, la théorie queer s’oppose à l’hétéro-sexisme et plus généralement à toute tentative de catégorisation du genre, des sentiments amoureux et/ou de la sexualité.
Le mouvement éponyme, né aux États-Unis dans les années 80, regroupe des gays, des lesbiennes, des transsexuels, des bisexuels, des travestis, des transgenres…, tous ceux qui ne correspondent pas à la conception morale américaine du monde de la famille chrétienne et hétérosexuelle.

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La plasticité du genre n’a rien à envier à celle de l’art, qui n’a lui-même aucun problème à assumer le trouble, la confusion, la perturbation ou la transgression occasionnés par la transformation des formes et de la pensée. De l’androgynie chère à l’idéal antique, à Marcel Duchamp (1) travesti en une Madame Rrose Sélavy, personnage féminin créé et incarné par l’artiste, la représentation du corps et des pratiques sexuelles traverse l’histoire de l’art en une métamorphose permanente, faite d’allers-retours entre progrès et régressions de la doxa. Les artistes d’aujourd’hui semblent, eux, vouloir nous montrer un sexe dégenré, déconstruit, politique et culturel, loin de tout fantasme de provocation, mais plutôt, comme l’écrit Paul Ardenne (2) à propos du travail de l’artiste Aurélie Dubois, « pour nous pacifier, quoique sans ménagement ». Ces deux dernières années ont été marquées par une opposition très forte au mariage homosexuel comme à l’interrogation sur les stéréotypes à l’école. Nonobstant les tensions autour de l’affirmation de l’égalité des personnes, c’est avec calme et plasticité que cette 16e édition de Des artistes chez l’habitant souhaite questionner la notion de genre et l’usage que nous pouvons en faire dans d’autres champs en fertilisant de nouveaux possibles, comme l’ouverture à un autre, un soi non totalitaire, ou la possibilité d’une mutation de notre pensée binaire, vers ce que Friedrich Nietzsche (3) décrit comme « la merveilleuse richesse des types, l’exubérance dans la variété et dans la profusion des formes ». Au moment où je me penche sur l’édition du catalogue de Plastic Queer, une tuerie
homophobe et fanatique vient de frapper la communauté LGBT à Orlando aux États-Unis. C’est habité par une grande compassion pour les victimes directes et indirectes de ce drame que je reviens sur ce que fut cette expérience artistique et humaine sensée, par le prisme de l’art, ouvrir nos esprits parfois obtus à la pensée de Nietzsche précitée dans mon préambule.
C’est bien loin de cette tension dramatique que Karine Mathieu, Magali Gentet, mes deux co-commissaires, et moi-même, nous lancions dans une programmation sensée questionner le sujet des genres, des identités et des libertés (le pluriel seyant aux trois mots). Ni présupposé ni postulat ; le choix de mes deux invitées pour composer ce commissariat à trois se voulait plastique voire élastique. Je ne me posais donc pas la question de leurs liens ou affinités avec la communauté LGBT, afin d’éviter les pièges d’un propos monolithique de forme propagandiste. À l’instar de mes deux complices, certains artistes eurent quelques difficultés à considérer cette invitation comme évidente. D’autres furent ravis de l’opportunité qui leur permettrait de mettre en oeuvre, sans détours, leur pratique d’un art engagé. D’aucuns, peut-être personnellement concernés, n’en firent pas plus étalage qu’à leur habitude. Comme chaque année depuis le millénium, dix artistes ont répondu favorablement à cette proposition singulière ; ils se sont immiscés dans la sphère privée de leurs hôtes pour y réaliser un projet artistique spécifiquement conçu en lien avec la thématique, leur lieu d’accueil et ses habitants. Au cours des ans, certaines oeuvres pérennes produites dans ce contexte sont entrées dans la collection du FRAC Midi-Pyrénées, d’autres ont été conservées ou acquises par des habitants de Fiac, de Lautrec ou d’ailleurs, mais aucune trace de l’évènement n’avait jusqu’ici pris place sur l’espace public. Avec Plastic Queer, c’est chose faite. En effet, lors d’une performance pensée et mise en action par Pascal Lièvre, la place du village s’est vue rebaptisée Place Monique Wittig (4) le temps du festival. Sophie Gilbert, Maire de Fiac, a participé à la cérémonie fictive en écharpe tricolore et son discours s’est achevé par une promesse : l’élue s’engageait à baptiser une nouvelle rue de la commune du nom de cette militante féministe très radicale et ce de façon pérenne.

Je viens d’apprendre que le conseil municipal a validé ce choix et que Fiac sera donc le premier et le seul endroit au monde à rendre hommage à cette femme romancière et théoricienne française dont l’oeuvre a marqué le mouvement féministe et les théories de dépassement du genre.
Pascal Lièvre se joint à moi pour remercier et féliciter Madame le Maire de Fiac et son conseil municipal.

Patrick Tarres est directeur artistique de l’Afiac et commissaire des expositions

(1) Marcel Duchamp est né à Blainville-Crevon (Seine-Maritime), le 28 juillet 1887 et mort à Neuillysur-Seine, le 2 octobre 1968. C’est un peintre, plasticien, homme de lettres français, naturalisé américain en 1955. Depuis les années 1960, il est considéré par nombre d’historiens de l’art et de critiques comme l’artiste le plus important du xxe siècle.
Déjà, André Breton le qualifiait d’homme le plus intelligent du siècle. Notamment grâce à son invention des ready-made, son travail et son attitude artistique continuent d’exercer une influence majeure sur les différents courants de l’art contemporain.
(2) Paul Ardenne est né le 4 octobre 1956, il est curateur, historien de l’art contemporain (Art, le présent,2009), écrivain (Sans visage, 2012 ; Comment je suis oiseau, 2014), universitaire (Faculté des Arts, Amiens) et collaborateur, entre autres, des revues Art press et Archistorm, Paul Ardenne est l’auteur de plusieurs ouvrages ayant trait à l’esthétique actuelle. Dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme, Paul Ardenne est l’auteur de plusieurs monographies et études.
(3) Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue et poète allemand né le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et mort le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne. Peu reconnu de son vivant, son influence a été et demeure importante sur la philosophie contemporaine de tendance continentale, notamment l’existentialisme et la philosophie postmoderne.
(4) Monique Wittig est née le 13 juillet 1935 à Dannemarie dans le Haut-Rhin, et morte le 3 janvier 2003 à Tucson (Arizona). En 1964, son premier roman, L’Opoponax, considéré comme un texte d’avant-garde sur les questions du genre, reçoit le prix Médicis, avec le soutien de l’écrivain Marguerite Duras qui en dit : “C’est à peu près surement le premier livre moderne qui ait été fait sur l’enfance… C’est un livre à la fois admirable et très important parce qu’il est régi par une règle de fer, celle de n’utiliser qu’un matériau descriptif pur, et qu’un outil, le langage objectif pur… Un chef d’oeuvre.”

 


Commissariat général : Patrick Tarres
Commissaires invités : Karine Mathieu, Chef de projet d’exposition et de diffusion en région / les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées et Magali Gentet, directrice et commissaire des expositions du Parvis, centre d’art contemporain

Les artistes

Anna Burlet, Hélène Mourrier, Tony Regazzoni, Evor, Jean Biche, Pascal Lièvre, Romuald Dumas-Jandolo, Red Bind, Delphine Balley


PLASTIC QUEER – 2015

Des artistes chez l’habitant à Fiac

Commissaire général : Patrick Tarres
Commissaires invités : Magali Gentet, Directrice et commissaire des expositions du Parvis, centre d’art contemporain et Karine Mathieu, Chef de projet d’exposition et de diffusion en région / les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées

 

Plastic Queer

par Patrick Tarres

Héritière du féminisme, la théorie queer s’oppose à l’hétéro-sexisme et plus généralement à toute tentative de catégorisation du genre, des sentiments amoureux et/ou de la sexualité.
Le mouvement éponyme, né aux États-Unis dans les années 80, regroupe des gays, des lesbiennes, des transsexuels, des bisexuels, des travestis, des transgenres…, tous ceux qui ne correspondent pas à la conception morale américaine du monde de la famille chrétienne et hétérosexuelle. Lire la suite

 

Queer as we are

par Magali Gentet

Lorsque Patrick Tarres m’a invitée à assurer, avec Karine Mathieu, le co-commissariat de l’édition 2015 de l’Afiac Des artistes chez l’habitant, j’en ai été ravie d’autant que je connais et apprécie l’aventure fiacoise de longue date. Des artistes chez l’habitant est un concept pertinent et original. Ni galerie, ni centre d’art, l’Afiac est un lieu hybride, un espace de résidences artistiques, de partages et de co-création qui favorise la rencontre entre l’art contemporain et le monde rural. Lire la suite

 

Queer Center

par Karine Mathieu

Si la théorie Queer s’oppose à l’hétérosexisme et plus généralement à toute tentative de catégorisation du genre, elle vient déshabiller la norme pour mieux la regarder. Car il s’agit bien de défaire les frontières du genre vers de nouveaux possibles.
Plastic Queer, cette invitation de commissariat d’exposition, claque comme une véritable destinée artistique, m’amenant, sans que je le sache, à accéder au coeur même du genre plastique. Lire la suite

 


Commissariat général : Patrick Tarres
Commissaires invités : Karine Mathieu, Chef de projet d’exposition et de diffusion en région / les Abattoirs / Frac Midi-Pyrénées et Magali Gentet, directrice et commissaire des expositions du Parvis, centre d’art contemporain

Les artistes

Anna Burlet, Hélène Mourrier, Tony Regazzoni, Evor, Jean Biche, Pascal Lièvre, Romuald Dumas-Jandolo, Red Bind, Delphine Balley


AFIAC/Résidence | Benedetto Bufalino | 2017

Benedetto Bufalino | Téléphonie mobile | 2017

Artiste en résidence aux Etablissements Jacques Besse, Lavaur, dans le cadre du dispositif Culture, Handicap et Dépendance
un partenariat DRAC/ARS.

La résidence s’est déroulée entre le 4 mai et le 16 juillet 2017.
L’oeuvre « Téléphonie mobile » en est le fruit.


« Téléphonie mobile », pièce réalisée dans le cadre de la résidence

plus d’infos sur Benedetto Bufalino